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Angola / Elections législatives

Dernière ligne droite avant le scrutin de vendredi

par  RFI

Article publié le 01/09/2008 Dernière mise à jour le 01/09/2008 à 17:16 TU

La photo du président dos Santos sur les drapeaux des supporters du MPLA.(Photo : AFP)

La photo du président dos Santos sur les drapeaux des supporters du MPLA.
(Photo : AFP)

La campagne électorale en Angola est entrée dans sa dernière ligne droite pour les législatives du 5 Septembre prochain. Après une semaine passée à sillonner les provinces du pays, le président du MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola) et chef de l’Etat est resté dimanche dans la capitale. José Eduardo dos Santos est allé à Golf, un quartier populaire de Luanda, où il a donné le coup d’envoi à un match de football organisé à l’occasion de ses 66 ans, fêtés la semaine dernière. Après la relative discrétion des deux premières semaines, le président angolais s’est mis en première ligne ces derniers jours.

Lors de ses déplacements en province, le président angolais a procédé à des inaugurations à tour de bras et a promis la construction de nouvelles universités. José Eduardo dos Santos martèle partout où il passe que le pays bouge et que son parti devrait continuer le travail en cours, un procédé vivement critiqué par l’opposition qui reproche au MPLA de faire campagne avec les moyens de l’Etat.

Face à la puissante machine du MPLA, les 13 autres formations politiques ou coalitions concurrentes ne semblent pas faire le poids dans cette campagne. Là où on attendait l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola) pour de grands rassemblements, on assiste plutôt à des réunions en petit comité. Le président de l’Unita, Isaias Samakuva et presque tous les cadres de son parti sont dans le centre du pays, leur fief, depuis le début de la campagne.

Il y a eu peu d’incidents jusqu’ici. Le parti au pouvoir nie procéder à des provocations. Le directeur chargé de la propagande du MPLA, Rui Pinto de Andrade, affirme qu’il ne faut pas dramatiser les incidents.

Rui Pinto de Andrade

Responsable de la propagande du MPLA

« Je crois qu'il peut y avoir ou qu'il y a eu des problèmes entre les militants de l'un ou l'autre parti... Ca arrive ailleurs dans le monde. Il ne faut pas dramatiser. C'est le travail de la police de résoudre ces cas. »

écouter 0 min 13 sec

01/09/2008 par Stanislas Ndayishimiye

Tous les leaders politiques angolais proclament leur volonté de tout faire pour que le scrutin du 5 septembre se déroule dans la tranquillité. Ce seront les premières élections législatives depuis celles, avortées, de 1992 et les premières, également, depuis la fin de la guerre en 2002.

Plus de huit millions d’Angolais seront appelés à choisir, le 5 septembre prochain, leurs députés.(Carte B. Gentil/RFI)

Plus de huit millions d’Angolais seront appelés à choisir, le 5 septembre prochain, leurs députés.
(Carte B. Gentil/RFI)

Avec une population estimée à 17 millions d’habitants, dont neuf millions ont moins de 18 ans, l’Angola a accédé à l’indépendance en 1975, après une guerre de libération contre les Portugais engagée en 1961. Ce pays de plus de 1,2 millions de kilomètres carrés, disposant d’importantes ressources pétrolières (premier producteur africain, avec environ 2 millions de barils par jour), minières et agricoles a été sévèrement frappé, jusqu’à 2002, par la guerre civile, entre le MPLA et l’Unita. Le conflit a fait au moins 500 000 morts et quatre millions de déplacés. En mai 1991, Le président Dos Santos et le leader de l’Unita Jonas Savimbi ont conclu un accord de paix à Bicesse, Portugal, et des élections générales ont pu se dérouler en septembre 1992. L’Unita a contesté les résultats du premier tour et la guerre a repris à grande échelle, jusqu’à février 2002, lors de la mort de Savimbi, tué par les forces gouvernementales dans l’est du pays.

Ces élections se dérouleront dans un climat de paix, mis à part l’agitation séparatiste qui persiste dans la province de Cabinda. Tout porte à croire que le MPLA, au pouvoir depuis 33 ans, conservera son hégémonie. Pour beaucoup d’observateurs, la question est de savoir si le MPLA réussira à obtenir la majorité absolue des 220 députés.

Didier Peclard

Chercheur, spécialiste de l'Angola à la Fondation suisse pour la paix

« On sent bien qu'il y a un malaise du gouvernement dont la crainte principale par rapport à ces élections, c'est le ras le bol de la population qui pourrait s'exprimer lors du scrutin, et faire perdre des voix au MPLA... »

écouter 05 min 19 sec

01/09/2008 par Olivier Rogez

Le chercheur Didier Peclard a aussi coordonné le dernier numéro de la revue Politique Africaine consacré à l'Angola.