publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle

Autriche

Législatives : l’extrême droite a le vent en poupe

par Maud Czaja

Article publié le 27/09/2008 Dernière mise à jour le 27/09/2008 à 16:30 TU

Le chancelier social démocrate autrichien Alfred Gusenbauer (d) aux côtés du vice-chancelier et chef du parti conservateur Wilhelm Molterer.(Photo : Reuters)

Le chancelier social démocrate autrichien Alfred Gusenbauer (d) aux côtés du vice-chancelier et chef du parti conservateur Wilhelm Molterer.
(Photo : Reuters)

Six millions d’Autrichiens sont appelés aux urnes dimanche pour élire les 183 membres du Nationalrat, la Chambre basse du Parlement. Ce scrutin législatif anticipé fait suite à l’éclatement de la grande coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates en juillet dernier. Les observateurs s’attendent à une nouvelle poussée de l’extrême droite. Ils auront également un œil sur les jeunes de 16 ans autorisés pour la première fois à voter au niveau national.

Après 18 mois de cohabitation houleuse, les sociaux-démocrates et les conservateurs ont jeté l’éponge en juillet dernier en convoquant des élections législatives anticipées. « Ça suffit, le gouvernement n’est plus capable de bien travailler, ni de prendre des décisions », avait lancé Wilhem Molterer, vice-chancelier et chef du parti conservateur ÖVP. Les désaccords étaient en effet nombreux et concernaient aussi bien la réforme fiscale que l’assurance-maladie, les retraites ou les questions européennes.

Le scrutin législatif anticipé de dimanche risque cependant de déboucher sur un Parlement tout aussi divisé. Les deux principales formations au pouvoir, les sociaux-démocrates du SPÖ et les conservateurs du Parti populaire ÖVP devraient obtenir pour la première fois moins de 60% des voix d’après les derniers sondages. Ce qui ne va pas aider à la formation d’un nouveau gouvernement. Il avait déjà fallu 99 jours pour mettre en place le précédent.

L’extrême droite pourrait recueillir 25% des suffrages

Le SPÖ et le ÖVP vont devoir se tourner vers les plus petites formations puisque qu’après ce constat d’échec, une nouvelle « grande » coalition  n’est pas à l’ordre du jour. A ce jeu là, c’est l’extrême droite qui arrive en tête des alliés éventuels en tant que troisième force politique du pays. Sur le déclin il y a encore deux ans, elle revient en force avec un programme anti-islamiste et hostile à l’Union européenne. Composée du FPÖ de Heinz Christian Strache et du BZÖ de Jörg Haider, (deux partis qui se livrent une lutte sans merci), elle pourrait recueillir jusqu’à 25% des suffrages, soit dix points de plus qu’en 2006.

Le ÖVP a déjà formé un gouvernement en 2000 avec Jorg Haider. Le Parti conservateur sautera-t-il à nouveau le pas sachant que son ancienne coalition avec l’extrême droite avait valu à l’Autriche un boycottage de ses partenaires européens ? Côté sociaux-démocrates, le leader du SPÖ Werner Fayman a, lui, exclu toute coalition avec le BZÖ lors d’une allocution télévisée le 26 août dernier. Mais leurs discours se rejoignent sur certains points : quatre jours avant le scrutin, le Parlement autrichien a adopté une série de mesures et l’extrême droite a voté avec le SPÖ sur quasiment tous les votes.

Pour la première fois en Europe, les jeunes votent dès 16 ans au niveau national

Parmi ces mesures figurent l’augmentation des retraites, la baisse de la TVA sur les médicaments et surtout l’abolition des droits universitaires. Cette dernière concerne directement les tous nouveaux électeurs car pour la première fois en Autriche, l’âge légal du vote est de 16 ans. Un vote qui devrait avoir peu d’impact selon le sociologue autrichien Silvio Lehmann. « Les jeunes ont déjà voté lors des élections régionales et il n’y a rien eu de particulier à signaler. Il ne faut pas oublier non plus qu’ils ne représentent qu’environ 150 000 voix sur les six millions d’électeurs », précise-t-il. La plupart devraient même tout simplement s’abstenir d’après de récentes études.

A moins d’une semaine de ce scrutin législatif, 41% des autrichiens se disaient toujours indécis. L’issue reste donc très incertaine d’autant plus que dix partis sont en lice, un record.