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Equateur

Les électeurs se prononcent sur le « socialisme du 21ème siècle »

Article publié le 28/09/2008 Dernière mise à jour le 28/09/2008 à 09:11 TU

Des partisans du «Non» manifestent à Guayaquil, le dernier bastion de l'opposition.(Photo : Reuters)

Des partisans du «Non» manifestent à Guayaquil, le dernier bastion de l'opposition.
(Photo : Reuters)

9,7 millions d’électeurs équatoriens sont appelés ce dimanche à se prononcer sur une nouvelle Constitution dont le but est de faciliter l’avènement dans ce pays du « socialisme du XXIe siècle » cher à son président Rafael Correa. Le texte défend « une politique économique souveraine qui ne tolère les abus d'aucune multinationale », en laissant à l'Etat le soin de réguler et planifier l'économie, a résumé jeudi le président en clôturant sa campagne pour le « Oui, mille fois oui ».

Avec notre correspondant à Quito, Eric Samson

Vingt mois après son arrivée au pouvoir, Rafael Correa incarne toujours l’espoir du changement pour une majorité de la population. Quatre Equatoriens sur dix n’ont pas lu le texte qui leur est proposé, et tous les sondages anticipent une majorité absolue en faveur d’une constitution qui doit permettre à l’Equateur de s’engager sur la voie du socialisme du 21e siècle, cher au président Correa.

Le texte autorise le vote des militaires, mais retire à l’armée son statut de garant de la démocratie. Il cite le nom de Dieu, ne reconnaît pas l’avortement et le mariage gay, et donne de nouveaux droits aux couples homosexuels.

Ce qui est nouveau dans ce texte, c’est que la nature y a des droits. Les particuliers pourraient contester les éventuelles exploitations pétrolières ou minières, ce qui inquiète les milieux d’affaires. Le texte encourage la participation et le contrôle populaire : référendum révocatoire pour tous les mandats électifs, et renforce le rôle de l’Etat sur tous les secteurs stratégiques de l’économie.

Pour l’opposition, ce projet de Constitution est mal écrit, souvent contradictoire, menace les droits de propriété et le bon fonctionnement de l’économie de marché. Les adversaires de Correa ne devraient cependant l’emporter que dans la ville de Guayaquil, le reste du pays s’inclinant largement en faveur du projet présidentiel.