Article publié le 13/10/2008 Dernière mise à jour le 13/10/2008 à 04:13 TU

Des jeunes, masqués, armés de pierres, dans les rues de Saint-Jean d'Acre, le 9 octobre 2008.
(Photo : Reuters)
Avec notre envoyée spéciale à Saint-Jean d’Acre, Catherine Monnet
De la maison, il ne reste que des murs noircis par les flammes. Ses propriétaires arabes avaient été évacués avant que des manifestants juifs y mettent le feu la nuit précédente avec des cocktails Molotov.
Maintenant, 4 policiers montent la garde, assis tranquillement, sur des chaises et se servent du thé sur une table de fortune. Des habitants du quartier s'arrêtent, interpellent les policiers, se plaignent de leur inaction le soir de Kippour quand tout a commencé.
Tolérence zéro
Claude Levy, conseillé du maire, lui se plaint aussi du manque de fermeté des forces de l'ordre depuis le début des incidents. « Dès l’arrivée de la police, le maire d’Acco a demandé une chose : c’est qu’ils agissent fermement, qu’ils fassent une enquête pour savoir ce qui s’est passé exactement et qu’ils arrêtent tout manifestant que ce soit un juif ou un arabe. Toute personne qui trouble l’ordre publique dans la ville d’Acco », dit le conseillé du maire avant d’ajouter : « mais ce n’est pas le cas pour l’instant ».
Tous les responsables politiques appellent désormais la police à faire preuve de tolérance zéro à l'égard des actes de violences pour tenter de restaurer durablement le calme dans la ville, à défaut de restaurer immédiatement la confiance entre les deux communautés. « Ça va mettre des mois avant que les juifs retournent dans la ville d’Acco, même si vous mettez 10 000 policiers personne ne rentrera là-bas. C’est compréhensible comme sentiment », prédit Claude Levy.
Le festival annuel de théâtre qui devait commencer la semaine prochaine dans la cité historique des Croisés a d’ors et déjà été annulé, au grand dam des commerçants et des hôteliers qui vont aussi ressentir durablement les conséquences économiques de ces violences intercommunautaires.
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