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Canada

Législatives délicates pour le Premier ministre

Article publié le 13/10/2008 Dernière mise à jour le 14/10/2008 à 14:32 TU

Stephen Harper, Premier ministre canadien.(Photo : AFP)

Stephen Harper, Premier ministre canadien.
(Photo : AFP)

Les électeurs canadiens élisent leurs députés ce mardi. Ce sont les premières élections dans un pays du G7 depuis la crise financière. Selon les derniers sondages, Stephen Harper, le Premier ministre conservateur sortant, pourrait être élu à nouveau mais avec une majorité moindre que ce qu’il espérait au début de la campagne. Lundi Stephen Harper et Stéphane Dion, son rival du Parti libéral, ont entrepris une véritable course à travers le pays pour rencontrer les citoyens et les convaincre.

Avec notre correspondante au Canada, Pascale Guéricolas

En moins de vingt-quatre heures, le conservateur Stephen Harper a visité trois provinces canadiennes pendant que son principal rival, le libéral Stéphane Dion, en visitait quatre.

L'objectif : convaincre les nombreux indécis. Conscient que le scrutin pourrait être serré en Ontario, au Québec et en Colombie britannique, le Premier ministre sortant martèle qu'il faut le réélire pour protéger l'économie.

Pourtant, Stephen Harper a mis longtemps à reconnaître que la crise financière américaine aurait sans doute des conséquences sur l'économie canadienne. Cette apparente indifférence aux inquiétudes de ses concitoyens pourrait l'empêcher de rafler la majorité des députés élus.

La division du vote de ses adversaires avantage néanmoins le parti conservateur. Le chef du Parti libéral a beau tenter de rallier tous les progressistes qui refusent de voir les conservateurs régner à nouveau sur le pays, il doit compter avec les néo-démocrates et les Verts qui se disputent les faveurs des électeurs de gauche et du centre. Les conservateurs, eux, règnent seuls à droite.

Les indépendantistes en tête des sondages au Québec

Les élus du Québec pèsent lourd au Parlement canadien à Ottawa: 75 députés, soit près du quart des 308 élus de la Chambre des communes.

Le Premier ministre conservateur, Stephen Harper, comptait sur les électeurs québécois pour renforcer son parti, aujourd'hui minoritaire, à la Chambre. Or, la campagne semble surtout avoir bénéficié au Bloc québécois, indépendantiste, aujourd'hui en tête des sondages dans la Belle Province.

A la mi-septembre encore, les conservateurs avaient la préférence des Québécois, avec 34% des intentions de vote. Une cote historique, rognée sur les positions du Bloc québécois.
C'est un parti très particulier dans le paysage politique canadien puisqu'il ne fait campagne qu'au Québec avec pour lointaine perspective l'indépendance de la province francophone et qu'il s'interdit de participer à une coalition de gouvernement à Ottawa.

Mais la donne a changé en un mois. Le Bloc québécois a aujourd'hui reconquis dans les sondages une place dominante, avec 42% des intentions de vote contre 20% aux conservateurs.
Sans revendiquer cette fois la souveraineté - objectif qui ne motive plus guère en ce moment les Québécois -, mais en insistant sur l'intérêt qu'il y a pour eux à priver Stephen Harper de majorité. Ce dernier est en effet présenté, à la lumière de la crise actuelle, comme le champion des compagnies pétrolières de l'Alberta, lointaine province anglophone, et l'adepte d'un laissez-faire dommageable à une économie québécoise plus traditionnelle.

Le Premier ministre canadien a en outre supprimé récemment des subventions à la culture, ce qui lui a valu des réactions très caustiques des artistes québécois.

Michèle Gayral