Article publié le 01/11/2008 Dernière mise à jour le 01/11/2008 à 22:38 TU
Le président Morales suspend de manière indéfinie les activités de la DEA, l’Agence anti-drogue des Etats-Unis, dans son pays. Morales, qui a accusé l’Agence de « conspiration » contre son gouvernement, avait déjà expulsé l’ambassadeur des Etats-Unis en septembre dernier pour les mêmes motifs.
Peu après, Washington avait annoncé la suspension des préférences douanières accordées à la Bolivie pour l’exportation de textiles vers le territoire des Etats-Unis au prétexte d’un manque de collaboration du pays andin en matière de lutte contre le narcotrafic. Le gouvernement bolivien avait alors qualifié cette décision de « politique ».
Avec notre correspondant à La Paz, Reza Nourmamode
C’est sur une base militaire en plein Chaparé, l’une des deux zones de production de feuilles de coca du pays, et devant des représentants de la communauté internationale, que le président Morales a fait son annonce.
L’ancien syndicaliste et cocalero a accusé l’Agence anti-drogue des Etats-Unis (DEA) de se livrer à des actes d’espionnage politique sur le territoire bolivien. Morales a notamment affirmé que la DEA avait financé le violent soulèvement de ses opposants, en septembre dernier, qui avait provoqué la mort d’au moins 18 personnes. Le président bolivien a également assuré que son gouvernement détenait des preuves de cette supposée conspiration.
La cérémonie au cours de laquelle la décision a été annoncée avait été organisée pour informer que le gouvernement bolivien avait d’ores et déjà dépassé les objectifs d’éradication des plantations illégales de coca pour l’année 2008 avec plus de 5 000 hectares détruits.
Evo Morales a souligné que la Bolivie tenait ainsi ses engagements envers la communauté internationale et il a demandé à l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR) de se charger de la lutte régionale contre le narcotrafic en lieu et place des Etats-Unis.
La mission de la DEA est officiellement d’aider le gouvernement bolivien à lutter contre le narcotrafic. La Bolivie est le troisième pays producteur de cocaïne après la Colombie et le Pérou. Une partie de la production de feuilles de coca y est légale et destinée à la consommation traditionnelle des Indiens qui la mâchent pour combattre la faim et la fatigue.