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Nigeria

Tension persistante à Jos

par  RFI

Article publié le 04/12/2008 Dernière mise à jour le 04/12/2008 à 16:41 TU

Des centaines d'habitants de Jos, fuyant les violences, ont trouvé refuge dans une école du centre-ville de Jos.(Photo : Reuters)

Des centaines d'habitants de Jos, fuyant les violences, ont trouvé refuge dans une école du centre-ville de Jos.
(Photo : Reuters)

Le calme a donc fini par revenir à Jos, cette ville du centre du Nigeria qui a vécu deux jours de folie meurtrière en fin de semaine dernière qui ont fait au moins 200 morts, lors des affrontements entre musulmans et chrétiens qui se disputaient, vendredi et samedi, la victoire d’une élection locale. L’armée continue de patrouiller dans toute la ville qui a été soumise à un couvre-feu de 18H00 à 08H00 locales (17H00 à 07H00 temps universel).

« Nous avons un mandat du président pour rétablir une paix durable et resterons aussi longtemps qu’il faudra pour rétablir ce mandat », a déclaré Sani Usman, porte-parole de l’état-major de l’armée nigériane à Jos. A de nombreux barrages, les militaires qui ont reçu des renforts contrôlent l’identité des passantes et fouillent les coffres des véhicules. La tension était encore perceptible ce jeudi dans quelques quartiers de la ville où certains ne se sentent pas en sécurité. Beaucoup d'habitants de Jos ont peur que cela recommence et des centaines de personnes, majoritairement musulmanes, se sont regroupées en centre-ville dans une école.

Les réfugiés de Jos

« Si le gouvernement fédéral - et non le gouvernement local - peut assurer notre sécurité, nous retournerons dans notre quartier. »

04/12/2008 par Alpha Barry

Officiellement il y a eu 200 morts, mais en réalité - sans doute - deux fois plus selon des sources humanitaires et religieuses. Les Nigérians essaient de comprendre pourquoi les gens ont été saisis d'une folie meurtrière, vendredi dernier, dans la ville de Jos. A l'origine de ce massacre, y a-t-il seulement un conflit religieux ou ethnique ? Pour en parler, Daniel Bach, directeur de recherches au CNRS, enseignant à Sciences Po Bordeaux. Il a publié, chez Karthala, Régionalisme et fragmentation en Afrique sub-saharienne.

Daniel Bach, directeur de recherches au CNRS et enseignant à l'IEP de Bordeaux, sur les tueries de Jos, au Nigeria

Cette région est devenue l'endroit où se cristallisent les problèmes que posent les relations entre indigènes et populations non indigènes.

04/12/2008 par Christophe Boisbouvier