par RFI
Article publié le 17/12/2008 Dernière mise à jour le 18/12/2008 à 03:40 TU
« Voilà ton baiser d'adieu, chien », avait crié Mountazer al-Zaïdi en jetant ses chaussures sur le président américain qui donnait une conférence de presse pour son dernier voyage en Irak. George Bush quittera ses fonctions le 20 janvier prochain.
En vertu du code pénal irakien, le journaliste risque jusqu'à sept ans de prison pour « offense à un chef d'Etat étranger ». Selon son frère, le journaliste a déjà deux côtes et un bras cassés. Mais, quelle que soit sa peine, il est d'ores et déjà entré dans l'Histoire, faisant même des émules.
La communauté arabe solidaire
En Irak d'abord, où les partisans du leader chiite, Moqtada Sadr, en ont fait un héros. Même chose pour la communauté sunnite, hostile, elle aussi, à la présence américaine et qui voit en lui une icône de la résistance contre l'occupant. Au Liban, son geste a été applaudi par une partie des députés, au cours d'une séance au Parlement, pendant qu'une effigie du président américain était la cible d'un jet de chaussures par des étudiants de l'Université de Beyrouth. Au Pakistan, quelque 150 journalistes ont manifesté à Lahore pour protester contre la détention du journaliste irakien. Enfin, il existe désormais un jeu sur internet qui consiste à lancer en trente secondes le plus de chaussures possibles sur un portrait de George W. Bush.
Des chaussures aussi contre les Marines

Des Marines ont été accueillis, mercredi, par des jets de chaussures dans une université de Falloujah (à l'ouest de Bagdad) où se déroulait une manifestation de soutien au journaliste qui avait initié ce geste sur le président américain George W. Bush.
Selon un manifestant, les Marines auraient tiré au hasard sur la foule. Un étudiant a été blessé par balle à la jambe, sans que l'on puisse imputer le tir aux Marines, a précisé un journaliste de l'AFP. Les manifestants ont alors redoublé d'agressivité, forçant les Marines à quitter les lieux.
« Même s'il s'en va, je pense que c'est important de toujours faire passer le message que c'est un criminel. »