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Belgique

A nouveau la crise

par Béatrice Leveillé

Article publié le 23/12/2008 Dernière mise à jour le 23/12/2008 à 22:37 TU

En pleine crise économique, la Belgique replonge dans une crise politique. Elle se retrouve sans gouvernement après la démission vendredi du Premier ministre Yves Leterme. Faute de trouver un candidat consensuel pour succéder à Yves Leterme, le roi Albert II a confié à l'ancien Premier ministre Wilfried Martens la mission d'entamer des consultations pour tenter de former un nouveau gouvernement.
L'ancien Premier ministre belge, Wilfried Martens (g) accueilli par le président du Sénat, Armand De Decker (d), au Parlement, à Bruxelles, le 23 décembre 2008.(Photo : Reuters)

L'ancien Premier ministre belge, Wilfried Martens (g) accueilli par le président du Sénat, Armand De Decker (d), au Parlement, à Bruxelles, le 23 décembre 2008.
(Photo : Reuters)

 
Dans son château du Belvédère, le roi des Belges doit se sentir bien seul. Faute d’avoir pu trouver un consensus, il porte la responsabilité de cette incroyable vacance du pouvoir en Belgique. Le roi a accepté, lundi, la démission de son Premier ministre Yves Leterme, chef de file des chrétiens-démocrates flamands, sans pouvoir annoncer le nom de son successeur. Albert II s’est contenté de confier à l’ancien Premier ministre, Wilfried Martens, 72 ans, une difficile mission. Wilfried Martens, chrétien-démocrate flamand, comme Yves Leterme, doit trouver l’homme ou la femme providentiel(le) qui arrivera à apaiser la crise entre Wallons et Flamands. Il vient d’entamer sa mission d’exploration.

Une démission annoncée  

Yves Leterme aura passé neuf mois à la tête du gouvernement. Incapable de rapprocher des communautés wallonnes et flamandes, il était également fragilisé par les querelles entre partis néerlandophones mais ce ne sont pas les crises politiques qui l’ont fait tomber. C’est la crise financière qui a contraint Yves Leterme à jeter l’éponge, vendredi. Accusé d’avoir fait pression sur la justice pour faire valider le plan de sauvetage de la banque Fortis, plan contesté par les petits actionnaires, il a dû démissionner. Les petits actionnaires ont eu la peau du Premier ministre. Yves Leterme va se contenter désormais de gérer les affaires courantes en attendant l’arrivée de son successeur.   

La presse belge a déjà fait son choix

L’hypothèse d'un retour à la tête du gouvernement belge de l’ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene est privilégiée par les journalistes et les analystes politiques. La Belgique doit trouver un gestionnaire de crise. Jean-Luc Dehaene, un chrétien-démocrate flamand comme Yves Leterme, a dirigé le pays de 1992 à 1999. Au mois d‘octobre, il est devenu président du conseil d'administration de Dexia, après le sauvetage par les pouvoirs publics de l'établissement franco-belge. Ce flamand est apprécié par les francophones. Il semble capable de former un gouvernement stable car les socialistes flamands n'excluent pas de participer à un gouvernement « de transition » sous sa houlette.

Actuellement, cinq partis forment la coalition au pouvoir. Il s’agit des partis libéraux et démocrates-chrétiens flamands et wallons et des socialistes francophones. La coalition deviendrait majoritaire mais les libéraux se font tirer l’oreille, ils trouvent que Jean-Luc Dehaene est un peu trop à gauche. Aux problèmes politiques et linguistiques viennent s’ajouter les questions de calendrier. Plusieurs partis souhaitent des élections législatives anticipées en juin prochain en même temps que les élections européennes. Le successeur d’Yves Leterme n’aura alors que peu de temps devant lui.    

Trois crises en un an

Depuis  les dernières élections législatives en juin 2007, les crises se succèdent. La première a duré six mois. Yves Leterme, considéré comme le vainqueur des élections tentait sans succès de former un gouvernement. Le roi Albert II a fini par nommer le libéral flamand Guy Verhofstadt mais pour une durée limitée de trois mois. Yves Leterme a enfin réussi à réunir une équipe, en mars 2008, et il a pris la tête du gouvernement mais, en juillet, il présentait déjà sa démission parce qu’il n’arrivait pas à trouver d’accord entre les partis flamands et wallons. Reconduit, il n’aura tenu que cinq mois.

Qui peut dire combien de temps durera cette vacance de pouvoir ? Rassurant, Wilfried Martens affirme qu’il veut aller vite. Il a déjà entamé la tournée du gotha politique. Les Belges peuvent encore rêver d’un gouvernement pour Noël. Le père Noël s’appellera alors Wilfried Martens.