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France/Audiovisuel

Coup d'envoi de l’arrêt de la publicité sur France Télévisions

par  RFI

Article publié le 04/01/2009 Dernière mise à jour le 09/01/2009 à 16:22 TU

Ni la bataille d’amendements menée au Parlement par l’opposition ni les protestations des différents syndicats de l’audiovisuel public n’auront réussi à changer la donne. La suppression de la publicité sur les chaînes de France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France 5, France ô) entre 20h et 6h est effective à compter de ce lundi 5 janvier 2009, conformément aux vœux du président Nicolas Sarkozy exprimés il y a maintenant un an. La première partie de soirée sur France Télévisions débutera désormais à 20h35. Conséquence de l’obstruction de l’opposition à l’Assemblée nationale, la loi de réforme de l’audiovisuel ne sera examinée qu’à partir du 7 janvier au Sénat. Pourtant, avant même le vote et la promulgation de cette loi controversée, le conseil d’administration de France Télévisions a décidé d’appliquer le premier volet de la réforme à la demande du gouvernement.

L'immeuble de France Télévisions.(Photo: DR)

L'immeuble de France Télévisions.
(Photo: DR)


C’est finalement une simple résolution du conseil d’administration de France Télévisions qui va entraîner l’arrêt de la publicité entre 20h et 6h, à partir du 5 janvier 2009. Cette décision a été adoptée par 9 voix pour, 2 contre et une abstention.

Face à la guérilla parlementaire menée depuis trois semaines par l’opposition et les doutes du président du Sénat, Gérard Larcher, quant à une suppression de la publicité par décret, le gouvernement s’est trouvé contraint de demander à Patrick De Carolis d’appliquer lui-même cette réforme controversée.

Le Syndicat national des journalistes a accusé le président de France Télévisions d’être devenu « l’exécuteur des basses œuvres » du gouvernement, tandis que des voix s’élevaient au sein de l’opposition pour condamner « un escamotage » et « une humiliation » du Parlement.

En effet, le projet de loi doit encore être examiné au Sénat à partir du 7 janvier, soit deux jours après l’entrée en vigueur effective de la suppression de la publicité sur les écrans des cinq chaînes publiques.

Quelles conséquences économiques ?

Le gouvernement a prévu de compenser le manque à gagner pour les chaînes concernées, sans rassurer totalement. Cette mesure suscite de nombreuses oppositions en raison des doutes quant au financement du service public. En 2009, France Télévisions prévoit un déficit de 135 millions d’euros après une année 2008 marquée par un déficit de 116 millions d’euros.

La suppression de la publicité entre 20h et 6h est la première étape avant sa disparition totale des chaînes publiques en 2011. Mais déjà le manque à gagner en 2009 est évalué à 450 millions d'euros, que le gouvernement s'est engagé à compenser intégralement.

Ce montant a été pris en compte dans le budget 2009. Il est financé en grande partie par une taxe sur les recettes des chaînes privées et par un autre prélèvement sur le chiffre d'affaires des opérateurs de télécommunications. Entre 6h et 20h, là où la publicité est encore permise, France Télévisions espère engranger 170 millions d'euros de recettes publicitaires, et même 250 millions en comptant les parrainages.

Les opposants à la suppression des recettes publicitaires pour la télévision publique soulignent que l'enveloppe garantie par l'Etat ne va pas au-delà de 2009. Ils craignent pour l'avenir dans un contexte de difficultés budgétaires. Mais la crise économique risque bien de se répercuter également sur les chaînes privées en raison de la réduction des budgets consacrés à la publicité par les annonceurs.

A voir : un extrait de l'émission "Apostrophes", diffusée sur Antenne 2 le 25/03/1988, consacrée à la publicité. (archive INA)

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CPB88003680