par RFI
Article publié le 04/01/2009 Dernière mise à jour le 09/01/2009 à 16:22 TU
Face à la guérilla parlementaire menée depuis trois semaines par l’opposition et les doutes du président du Sénat, Gérard Larcher, quant à une suppression de la publicité par décret, le gouvernement s’est trouvé contraint de demander à Patrick De Carolis d’appliquer lui-même cette réforme controversée.
Le Syndicat national des journalistes a accusé le président de France Télévisions d’être devenu « l’exécuteur des basses œuvres » du gouvernement, tandis que des voix s’élevaient au sein de l’opposition pour condamner « un escamotage » et « une humiliation » du Parlement.
En effet, le projet de loi doit encore être examiné au Sénat à partir du 7 janvier, soit deux jours après l’entrée en vigueur effective de la suppression de la publicité sur les écrans des cinq chaînes publiques.
Quelles conséquences économiques ?
Le gouvernement a prévu de compenser le manque à gagner pour les chaînes concernées, sans rassurer totalement. Cette mesure suscite de nombreuses oppositions en raison des doutes quant au financement du service public. En 2009, France Télévisions prévoit un déficit de 135 millions d’euros après une année 2008 marquée par un déficit de 116 millions d’euros.
La suppression de la publicité entre 20h et 6h est la première étape avant sa disparition totale des chaînes publiques en 2011. Mais déjà le manque à gagner en 2009 est évalué à 450 millions d'euros, que le gouvernement s'est engagé à compenser intégralement.
Ce montant a été pris en compte dans le budget 2009. Il est financé en grande partie par une taxe sur les recettes des chaînes privées et par un autre prélèvement sur le chiffre d'affaires des opérateurs de télécommunications. Entre 6h et 20h, là où la publicité est encore permise, France Télévisions espère engranger 170 millions d'euros de recettes publicitaires, et même 250 millions en comptant les parrainages.Les opposants à la suppression des recettes publicitaires pour la télévision publique soulignent que l'enveloppe garantie par l'Etat ne va pas au-delà de 2009. Ils craignent pour l'avenir dans un contexte de difficultés budgétaires. Mais la crise économique risque bien de se répercuter également sur les chaînes privées en raison de la réduction des budgets consacrés à la publicité par les annonceurs.
A voir : un extrait de l'émission "Apostrophes", diffusée sur Antenne 2 le 25/03/1988, consacrée à la publicité. (archive INA)
http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CPB88003680
A écouter
« Rien n’est décidé pour l’instant […]. Il paraît important de ne pas fragiliser le financement de France Télévisions. »
05/01/2009
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