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France / Mali

La « gestion concertée des flux migratoires » continue d'inquiéter

par  RFI

Article publié le 08/01/2009 Dernière mise à jour le 08/01/2009 à 06:33 TU

Le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux (g), avec le commissaire européen chargé du Développement Louis Michel (c), et le président malien Amadou Toumani Touré (d), lors de l'inauguration à Bamako du Centre d'information et de gestion de l'immigration, en octobre 2008.( Photo : Lamine /AFP )

Le ministre français de l'Immigration, Brice Hortefeux (g), avec le commissaire européen chargé du Développement Louis Michel (c), et le président malien Amadou Toumani Touré (d), lors de l'inauguration à Bamako du Centre d'information et de gestion de l'immigration, en octobre 2008.
( Photo : Lamine /AFP )

La visite présentée comme « technique » à Bamako du secrétaire général du ministère français de l'Immigration, Patrick Stéphanini, inquiète les associations, qui redoutent que le gouvernement de Bamako finisse par signer les accords de « gestion concrète des flux et de développement solidaire » que Paris lui demande.

La France aimerait signer avec le Mali l'accord déjà passé avec d'autres pays de la sous-région, dont le but est d'obtenir plus de reconduites de sans-papiers à la frontière, en échange d'un quota annuel de 1 500 titres de séjour et de travail destinés à de nouveaux arrivants ou à des Maliens déjà en France en situation irrégulière. 

Mais jusqu'ici, Bamako a fait de la résistance. Malgré les nombreuses réunions de travail entre les deux pays, le compte n'y est pas : le Mali ne veut pas céder sur plusieurs points, il refuse notamment de servir de pays d'accueil à tous les non résidents maliens expulsés de France.

Pour la Cimade le service oecuménique d'entraide, seule organisation acceptée dans les centres de détention des étrangers sans papiers en France, cet accord est totalement déséquilibré. « On sait que les crédits du ministère en matière de développement solidaire ont été diminués pour 2009 », explique  Sonia Lokku, responsable du pôle solidarité internationales à la Cimade, « par contre le Mali a beaucoup à perdre en signant ces accords, puisque la contribution des Maliens résidant en France est très importante, c'est environ 200 millions d'euros, soit 5% du PNB...»

Le gouvernement malien se retrouve donc dans une situation malaisée, entre les pressions du gouvernement français et de l'opinion publique malienne, tant sur place qu'en France. En février 2007, le président Amadou Toumani Touré, de passage à Montreuil, dans la banlieue parisienne, a été vertement pris à partie par des Maliens de France, qui l'ont accusé de faiblesse vis-à-vis de Paris sur ce dossier.

Depuis qu'il est ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux a signé sept accords de gestion concertée des flux migratoires (avec le Cap Vert, le Sénégal, le Gabon, la République démocratique du Congo, le Bénin, la Tunisie, l'île Maurice). Cinq autres accords de ce genre sont en gestation avec le Mali donc, mais aussi  avec le Burkina, le Cameroun, Haïti et l'Egypte.

Réaction : Aminata Traoré

Présidente du « Forum pour un autre Mali »

«  On a l'impression que c'est une démarche unilatérale conformément aux intérêts de la France, qui veut forcer la main au gouvernement malien. Par ces temps de crise, c'est un peu fort. Le Mali résiste...»

08/01/2009 par Christine Muratet

Bon à savoir : Le Forum pour un autre Mali et l'Association des Maliens expulsés organisent une conférence-débat sur le thème de l'immigration ce jeudi matin à Bamako, et une marche de protestation contre un accord entre la France et le Mali suivra dans l'après-midi.