par Béatrice Leveillé
Article publié le 19/01/2009 Dernière mise à jour le 19/01/2009 à 17:50 TU

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoga (g) et le président de la Commmission européenne José Manuel Barroso (d), à Bruxelles, le 19 janvier 2009.
(Photo : Reuters)
« L'adhésion à l'Union européenne est la priorité numéro un de la Turquie », a affirmé Recep Tayyip Erdogan, à Bruxelles, mais pour que les négociations pour l'adhésion « fassent un bond en 2009 », comme le souhaite le Premier ministre turc, il va falloir faire avancer sur les nombreux dossiers qui n’ont guère avancé depuis l’ouverture des pourparlers d’adhésion en 2005.
Cette visite de trois jours intervient alors que l’adhésion de la Turquie semblait de moins en mois prioritaire à Bruxelles comme à Ankara. Il s’agit de la première visite du Premier ministre turc dans la capitale européenne depuis 4 ans. Les Européens s’impatientent et pressent les Turcs pour qu’ils poursuivent leur politique de réformes. L’adhésion pourrait être remise en cause sans progrès notable dans la politique de réformes en 2009.
Le gouvernement turc ne remet pas en cause les demandes européennes d’une réforme de la Constitution turque pour améliorer la liberté d'expression et donner plus de droits aux minorités mais Bruxelles ne voit rien venir et commence à s’impatienter. Le gouvernement turc est écartelé entre un agenda de politique intérieure chargé avec des élections municipales en mars et les exigences de l’agenda européen. Recep Tayyip Erdogan est néanmoins persuadé qu’il arrivera à convaincre le peuple turc de l'importance d'adhérer à l'Union européenne et donc de mener à bien des réformes.
Des réformes à venir ?
La présence de l’armée turque dans la partie nord de Chypre et la situation des droits de l’Homme en Turquie, voilà les sujets qui fâchent !
L'Union a gelé plusieurs chapitres de négociations en attendant que la Turquie accepte d'ouvrir ses ports et aéroports à Chypre, un pays membre de l’Union européenne depuis 2004. Chypre est encore divisée entre la partie nord où se sont réfugiés les Turcs de l’île en 1974, une zone toujours occupée par l’armée turque et la partie sud de l’île, majoritairement grecque. Le règlement de la question chypriote est un préalable à l’adhésion de la Turquie mais en attendant les Turcs demandent le dégel des négociations. Pour l'instant, sur les 35 chapitres de la négociation, un seul a été mené à terme. Les discussions s’annoncent difficiles, la Turquie à des moyens de rétorsions, elle menace de revoir son soutien au projet stratégique de gazoduc Nabucco, qui permettrait aux pays européens de diversifier leur approvisionnement énergétique.
La récente nomination d'un négociateur avec l'Union européenne, Egemen Bagis, est néanmoins un signal fort de la volonté turque d’accélérer les réformes et de mener à bien les négociations. Egemen Bagis vient d’annoncer la création d'une chaîne de télévision en langue kurde et le lancement d'un programme national de réformes. 2009 est une année charnière, si ses engagements ne se concrétisent pas, la Turquie risque de voir s’éloigner définitivement l’opportunité d’adhérer à l’Union européenne.
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