par Patricia Lecompte
Article publié le 12/02/2009 Dernière mise à jour le 12/02/2009 à 21:41 TU
En hausse de 14%, les bénéfices du pétrolier atteignent le chiffre record de 13.9 milliards d’euros pour l’année écoulée. C’est le plus gros profit jamais réalisé par un groupe français. Les associations de consommateurs demandent la création d'une taxe.
Total doit ses bénéfices record à l’envolée des prix du baril du brut qui, en juillet dernier, ont atteint les 147 dollars. L’euphorie est générale pour le secteur pétrolier, la palme revenant au géant américain ExxonMobil qui publiait ses résultats à la fin du mois dernier, à savoir 45,2 milliards de dollars, les bénéfices les plus importants jamais enregistrés par une entreprise.
Inquiétudes pour 2009
Bien que le pétrolier français se dise confiant pour l’année à venir, il accuse un résultat net en baisse au quatrième trimestre 2008, comme son concurrent américain. Cette chute de bénéfices de 8% chez Total est due en partie à une baisse de sa production.
Le géant pétrolier explique cette baisse par l’arrêt de ses productions au Nigeria et en Libye, par le tarissement naturel des exploitations et par la régulation décidée par l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Christophe de Margerie, directeur général de Total, prévient déjà que les résultats pour 2009 ne seront pas aussi performants que ceux de 2008. En cause, la chute du baril qui est aujourd’hui à moins de 40 dollars, mais également un ralentissement de la demande lié à la crise économique mondiale.
Cependant, Christophe de Margerie affirme que cette baisse d’activité « ne remet pas en question sa politique d’investissement et de développement sur le long terme ». Pour 2009, Total va investir dix-huit milliards de dollars, soit un montant presque équivalent à l’investissement réalisé en 2008.
Le pétrolier français s'intéresse au nucléaire
Le groupe ne cache pas son intention de préparer l’après-pétrole. Il voit dans le nucléaire une opportunité de se positionner sur le marché de l’énergie nucléaire en en faisant « un de ses cœurs de métier ». Au sujet du futur EPR, Christophe de Margerie prévient que Total ne se contentera pas « de n’être qu’un partenaire financier », et réclame une participation « significative » d’au moins 10% dans l’EPR de Penly, au même titre que ENEL, société italienne d’électricité, qui a obtenu sur le site de Flamanville une participation égale à 12,5%. Total a donc créé une division nucléaire « afin de devenir un jour un véritable acteur dans l’exploitation des centrales », ceci dans l’espoir qu’EDF fasse appel à ses ressources, ce qui pour le moment n’est pas à l’ordre du jour.
Des actionnaires récompensés
Le conseil d’administration a décidé d’accorder un dividende de 2,28 euros par action au titre de 2008, soit une hausse de 10% par rapport à l’année précédente. En période de crise économique, les réactions ne se sont pas fait attendre. L’UFC-Que Choisir réclame « une taxe exceptionnelle » pour aider « le pouvoir d’achat des plus modestes ».
Les associations de défense des consommateurs accusent Total de « faire des profits sur le dos des consommateurs ». Elles dénoncent « les prix à la pompe qui ne baissent jamais à hauteur de la baisse du pétrole ».
Quant à Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse, il propose que Total utilise ses bénéfices record pour créer des emplois supplémentaires.
A lire