Article publié le 28/02/2009 Dernière mise à jour le 28/02/2009 à 09:00 TU
A compter de ce samedi 28 février, avec un nouveau code de justice, les militaires argentins bénéficient désormais des mêmes droits que leurs concitoyens civils. Cette importante réforme, modifiant un texte en vigueur depuis 1951, a été approuvée par le Parlement en août 2008. Paralèllement aux procès des anciens officiers accusés de violations des droits de l'homme dans les années 70, le gouvernement de Cristina Kirchner poursuit une politique de modernisation des institutions militaires.
Avec notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet
C’était peut-être le dernier lien de l’armée argentine avec son triste passé de coups d’Etat et de violations des droits de l’homme. Le code de justice militaire, qui a été supprimé après six mois de diffusion des dispositions désormais en vigueur, datait de 1951. Mais il était l’héritier direct de normes instituées 30 ans plus tôt par des généraux formés à l’école prussienne et dont l’idéologie a ouvert la voie aux putschs qui ont marqué l’histoire nationale entre 1930 et 1976.
Le code en question prévoyait notamment la peine de mort dans un pays où la sentence capitale est déclarée anticonstitutionnelle ; et il considérait l’homosexualité comme un délit justifiant la perte de l’uniforme.
Dispositions particulières

Le général Jorge Rafael Videla, au centre, lors d'une cérémonie officielle en 1976, est l'auteur du dernier coup d'Etat en Argentine.
(Photo : AFP)
A l’avenir, les militaires argentins, tous professionnels depuis la suppression du service national en 1995, seront jugés par des tribunaux ordinaires.
Dans le cadre de dispositions particulières permettant le bon fonctionnement de l’institution, ils bénéficieront des mêmes droits que leurs concitoyens civils, y compris celui de poursuivre leur supérieur pour torture ou harcèlement.
Trente-trois ans après le dernier coup d’Etat et alors que celui qui en fut le principal auteur, le général Jorge Videla, est en prison, l’armée rentre définitivement dans le rang.