Article publié le 11/03/2009 Dernière mise à jour le 11/03/2009 à 17:59 TU
Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en silence en milieu de journée dans les grandes villes nord-irlandaises, pour condamner les deux attentats qui ont fait trois morts depuis samedi soir, deux soldats et un policier. Ces attentats ont été revendiqués par des groupuscules opposés au processus de paix, dissidents de l'Armée républicaine irlandaise. La population redoute un retour de la violence.

Plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées au pied de l'imposant Hôtel de ville de Belfast en début d'après-midi, le 11 mars 2009.
(Photo : Reuters)
Avec notre correspondant à Belfast, Hervé Amoric
Le lamento d'une cornemuse rend hommage aux trois dernières victimes d'un conflit que tout le monde croyait apaisé. Employés, patrons, riches ou pauvres, protestants et catholiques, ils sont venus par milliers, à l'appel de tous les syndicats. Ils manifestent en silence pour condamner les attentats de l'IRA-Véritable ou de l'IRA-Continuité.
Louise, une jeune catholique, avait ce message pour ceux qui prétendent combattre en son nom: « Je suis venue, car j'appartiens à la nouvelle Irlande du Nord, celle des douze dernières années. Ceux qui ont tué le policier et les soldats appartiennent à un passé révolu ».
Pour John, fonctionnaire protestant de 50 ans, « la société civile doit faire entendre sa voix et dire non de façon définitive. Pas seulement pour nous, mais pour nos enfants. J'ai quatre filles. Elles ne comprennent pas l'horreur que nous avons traversée. Je ne veux pas que mes enfants ou mes petits-enfants connaissent ce que nous avons vécu ».
Pour une fois, les Nord-Irlandais sont fiers de leurs dirigeants, car depuis quelques jours, les élus des deux camps multiplient les démonstrations d'unité.
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