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Sommet de l'OTAN

Strasbourg en état de siège à quelques heures de l'ouverture

par Anne Corpet

Article publié le 03/04/2009 Dernière mise à jour le 03/04/2009 à 07:50 TU

La ville de Strasbourg sous haute surveillance pour le sommet de l'OTAN. Ici, Place Gutenberg, au centre de la ville, un poste de décontamination (au fond) a été mis en place.(Photo : AFP)

La ville de Strasbourg sous haute surveillance pour le sommet de l'OTAN. Ici, Place Gutenberg, au centre de la ville, un poste de décontamination (au fond) a été mis en place.
(Photo : AFP)

La ville de Strasbourg, qui accueille ces vendredi et samedi, le sommet de l’OTAN est depuis une semaine soumise à de drastiques mesures de sécurité. Près de 10 000 policiers et gendarmes mobiles ont fait de la ville un camp retranché. Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, évoquait le dispositif sécuritaire mis en place comme « la plus grande opération de sécurité sur le territoire français depuis le G8 d'Evian en 2003 ». Mais ce jeudi déjà, de violentes échauffourées ont opposé forces de l'ordre et manifestants, et la police a procédé à une centaine d'interpellations. Les opposants au sommet préparent une grande manifestation anti-OTAN samedi à Strasbourg.

Les hélicoptères tournent sans relâche dans le ciel de Strasbourg. Au sol, les policiers à pied, à cheval, à vélo, à moto, les compagnies républicaines de sécurité et toutes sortes de services d’ordre ont investi les rues. Les dix mille barrières de sécurité érigées, les badges indispensables à toute promenade dans le centre ville, rendent la circulation impossible. « C’est un véritable harcèlement, j’ai l’impression d’être en état de guerre » lance Aurore qui, à bicyclette, tourne en rond pour rejoindre son domicile. « Je suppose que c’est la rançon de la gloire pour Strasbourg ! » lui rétorque Marguerite, contrainte à faire demi tour en voiture devant la barrière qui bloque la ruelle.

Dans son cabinet de psychiatrie, à deux pas du centre de conférence qui abritera le sommet, le docteur Fredemann dénonce : « La ville est en état de siège. Il faut un badge délivré par la préfecture pour  venir ici. Que feront mes patients s’ils font face à une crise d’angoisse, s’ils sont confrontés à des idées de suicide ? Sans badge, il leur sera impossible de rejoindre mon cabinet : ils resteront seuls avec leur détresse. »

Réunis pour une conférence de presse impromptue, les représentants des mouvements hostiles à l’OTAN montrent le parcours imposé pour la grande manifestation qu’ils organisent samedi. Une zone déserte, éloignée de toute habitation. « Les chefs d’Etat se sont approprié le centre ville, et refusent d’entendre la moindre contestation. Nous sommes tenus à l’écart comme des pestiférés. Pourtant, nous sommes pacifiques. Nous revendiquons seulement le droit à la libre expression, nous voulons seulement faire entendre notre opposition à la machine de guerre qu’est l’OTAN » se désole Manuel Santiago, l’un des porte-parole du mouvement.

Arielle Denis, co-présidente du Mouvement pour la paix

« Le parcours qui nous a été attribué se situe dans un no man's land. Les participants se sont attribué le centre ville, au mépris des habitants. Nous considérons que c'est extrêmement inquiétant que cette police mondiale des pays les plus riches du monde prenne en otage des villes et refuse de voir la contestation »

03/04/2009 par Anne Corpet

Des hôteliers et des lycéens ravis

Dans le hall d’un grand hôtel, Patrick Lips, directeur de l’établissement, veille aux derniers préparatifs. La délégation danoise et le président lituanien ont choisi de résider ici. « Pour nous, ce sommet est une opportunité » souligne-t-il « Cela fait de la publicité à la ville, et tous les hôtels de bonne tenue affichent complet.» A quelques centaines de mètres, une équipe de démineurs investit un établissement concurrent. Sans badge spécial, impossible d’entrer. Toutes les chambres ont été réservées par la délégation américaine qui accompagne le président américain.

Barack Obama est justement au cœur des discussions devant le lycée Kléber situé juste à côté. Quelques élèves de terminale ont été sélectionnés pour une rencontre ce vendredi avec le président américain. « Je suis très excité, très fier, un peu stressé aussi.. En fait  je suis vraiment heureux » témoigne Max, une longue mèche blonde sur les yeux. Et un peu inquiet à l’idée de sa rencontre avec le président américain, il interroge : « Vous n’auriez pas une bonne idée de question à lui poser ? Mais en anglais hein !»