par Anne Corpet
Article publié le 03/04/2009 Dernière mise à jour le 03/04/2009 à 07:50 TU

La ville de Strasbourg sous haute surveillance pour le sommet de l'OTAN. Ici, Place Gutenberg, au centre de la ville, un poste de décontamination (au fond) a été mis en place.
(Photo : AFP)
Les hélicoptères tournent sans relâche dans le ciel de Strasbourg. Au sol, les policiers à pied, à cheval, à vélo, à moto, les compagnies républicaines de sécurité et toutes sortes de services d’ordre ont investi les rues. Les dix mille barrières de sécurité érigées, les badges indispensables à toute promenade dans le centre ville, rendent la circulation impossible. « C’est un véritable harcèlement, j’ai l’impression d’être en état de guerre » lance Aurore qui, à bicyclette, tourne en rond pour rejoindre son domicile. « Je suppose que c’est la rançon de la gloire pour Strasbourg ! » lui rétorque Marguerite, contrainte à faire demi tour en voiture devant la barrière qui bloque la ruelle.
Dans son cabinet de psychiatrie, à deux pas du centre de conférence qui abritera le sommet, le docteur Fredemann dénonce : « La ville est en état de siège. Il faut un badge délivré par la préfecture pour venir ici. Que feront mes patients s’ils font face à une crise d’angoisse, s’ils sont confrontés à des idées de suicide ? Sans badge, il leur sera impossible de rejoindre mon cabinet : ils resteront seuls avec leur détresse. »
Réunis pour une conférence de presse impromptue, les représentants des mouvements hostiles à l’OTAN montrent le parcours imposé pour la grande manifestation qu’ils organisent samedi. Une zone déserte, éloignée de toute habitation. « Les chefs d’Etat se sont approprié le centre ville, et refusent d’entendre la moindre contestation. Nous sommes tenus à l’écart comme des pestiférés. Pourtant, nous sommes pacifiques. Nous revendiquons seulement le droit à la libre expression, nous voulons seulement faire entendre notre opposition à la machine de guerre qu’est l’OTAN » se désole Manuel Santiago, l’un des porte-parole du mouvement.
« Le parcours qui nous a été attribué se situe dans un no man's land. Les participants se sont attribué le centre ville, au mépris des habitants. Nous considérons que c'est extrêmement inquiétant que cette police mondiale des pays les plus riches du monde prenne en otage des villes et refuse de voir la contestation »
Des hôteliers et des lycéens ravis
Dans le hall d’un grand hôtel, Patrick Lips, directeur de l’établissement, veille aux derniers préparatifs. La délégation danoise et le président lituanien ont choisi de résider ici. « Pour nous, ce sommet est une opportunité » souligne-t-il « Cela fait de la publicité à la ville, et tous les hôtels de bonne tenue affichent complet.» A quelques centaines de mètres, une équipe de démineurs investit un établissement concurrent. Sans badge spécial, impossible d’entrer. Toutes les chambres ont été réservées par la délégation américaine qui accompagne le président américain.
Barack Obama est justement au cœur des discussions devant le lycée Kléber situé juste à côté. Quelques élèves de terminale ont été sélectionnés pour une rencontre ce vendredi avec le président américain. « Je suis très excité, très fier, un peu stressé aussi.. En fait je suis vraiment heureux » témoigne Max, une longue mèche blonde sur les yeux. Et un peu inquiet à l’idée de sa rencontre avec le président américain, il interroge : « Vous n’auriez pas une bonne idée de question à lui poser ? Mais en anglais hein !»