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Sommet de l'OTAN

Obama superstar des jeunes

Article publié le 03/04/2009 Dernière mise à jour le 04/04/2009 à 07:38 TU

A Strasbourg, la capitale alsacienne qui accueille ce vendredi 3 avril le sommet de l'OTAN, la star incontestée, comme au G20 de Londres la veille, c'est Barack Obama. Avant de partir en Allemagne pour des entretiens avec Angela Merckel, quelques milliers de lycéens et d'étudiants ont pu lui poser des questions. Les jeunes Français et Allemands ont manifestement été conquis par le président américain.
Le président américain lors de son discours au Hall Rhenus, à Strasbourg, le 3 avril 2009.(Photo : AFP)

Le président américain lors de son discours au Hall Rhenus, à Strasbourg, le 3 avril 2009.
(Photo : AFP)


Par notre envoyée spéciale à Strasbourg, Anne Corpet

Levés à l’aube pour se soumettre aux contrôles de sécurité, les 4 000 jeunes Français et Allemands invités à débattre avec le président américain patientent dans les gradins du hall Rhénus, habituellement dévolu aux compétitions de basket ball. « Cela fait six heures que nous attendons » soupire Perrine, une lycéenne de 17 ans. Mais à l’annonce de l’arrivée du couple présidentiel, elle se lève et applaudit à tout rompre. « Je n’y crois pas, il encore plus beau qu’à la télé » hurle-t-elle à sa voisine.

«Bon après-midi, Guten Tag » lance Barack Obama. Dans les gradins, la foule exulte. Le président américain savoure l’ovation et entame son discours. « Je suis venu en Europe pour renouveler notre partenariat. » explique-t-il, « L’Amérique doit écouter ses alliés, mais ses alliés doivent porter leur part du fardeau. L’Amérique change, mais l’Amérique ne peut pas tout changer. Ensemble nous devons trouver des solutions à nos problèmes communs. » Eloquent et jamais à court d’exemples, le président américain développe sa vision d’un monde plus solidaire, plus fraternel, mais sans angélisme : « Nous devons éradiquer la pauvreté, non par simple altruisme, mais parce que nos destins sont liés. Nous devons œuvrer pour notre prospérité commune. Il faudrait  par exemple que  les indiens viennent en Europe acheter des frigidaires. Mais aujourd’hui, la majorité d’entre eux n’a pas l’électricité. »  

A propos de l’Afghanistan il assure : « Nous n’avons aucun intérêt à occuper ce pays. Nous avons assez de travail de reconstruction à mener aux Etats-Unis. »

Habilement, Barack Obama mêle l’anecdote à son discours, joue avec la foule, parle de lui, de sa famille, fait rire l’assistance lorsqu’en réponse à une question il évoque les avantages et les inconvénients de sa fonction : « Je n’ai plus de vie privée, plus guère d’intimité ; j’aimerais m’asseoir à une terrasse de café à Strasbourg et regarder les gens passer. Cela m’est devenu impossible. Mais en même temps, j’ai un très joli bureau situé juste à côté de ma chambre à coucher».

Puis Barack Obama reprend son sérieux et livre à l’assistance sa leçon de vie : « J’ai compris très jeune une chose essentielle : si vous ne pensez qu’à vous, qu’à l’argent que vous pouvez gagner, votre vie deviendra étriquée. Vous devez vous engager pour la communauté, vous demander ce que vous pouvez faire pour les autres. Ainsi seulement, vous vivrez de belles aventures. »

Le président repart, accompagné de son épouse, au cœur d’une nuée d’agents de sécurité. Dans les gradins, sa prestation a  fait mouche. « Il est impressionnant, charismatique, il nous donne envie de croire en la politique. Il nous donne confiance et nous porte vers l’avenir» déclare Xavier, 19 ans. Et Sylvain, son voisin, renchérit : « On a l’impression qu’il n’est pas qu’un président américain. Il est nettement au dessus du  lot. J’adhère à son discours. Il incarne une sorte de présidence mondiale. Un chef d’Etat comme cela, tout le monde en rêve..»

Barack Obama s'adresse aux jeunes à Strasbourg

« Nous avons fait preuve d'arrogance envers l'Europe, mais en Europe il existe un anti-américanisme occasionnel qui peut aussi être insidieux... Je suis venu cette semaine en Europe pour renouveler notre partenariat. »

03/04/2009 par Heike Schmidt

 

Obama des deux côtés du Rhin

Avec notre bureau de Bruxelles

Barack Obama a voulu rassurer et séduire des deux côtés du Rhin, mais incontestablement autant à Baden-Baden, il s’est agi d’un exercice classique de rencontres bilatérales à haut niveau, autant à Strasbourg, les rapports personnels entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama sont apparus comme particulièrement chaleureux.

Sur les dossiers précis évoqués en bilatéral entre ces deux derniers, on a bien compris que Washington ne reprochait plus à Paris de ne pas vouloir envoyer de renforts militaires combattants supplémentaires en Afghanistan, et au contraire, se satisfaisait parfaitement du projet franco-européen d’une importante force de gendarmerie pour former sur le terrain la police afghane.

A Baden-Baden, Barack Obama a souligné la gravité de la crise avec ce chiffre : les 663 000 emplois perdus aux Etats-Unis le mois dernier.

Il s’est félicité des orientations du G20 de Londres qui permettent, selon lui, le cadre utile pour éviter la répétition de cette crise. Et des deux côtés du Rhin, le nouveau président des Etats-Unis a nettement rompu avec ses prédécesseurs. « Je suis ici pour écouter, a-t-il dit, et pour partager des idées. Non avec des vassaux, mais avec des partenaires. »