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Football - Eliminatoires CAN/Coupe du monde 2010 (Groupe A)

Abdeslam Ouaddou: « On a sous-estimé le Gabon »

par Christophe Carmarans

Article publié le 08/04/2009 Dernière mise à jour le 10/04/2009 à 08:41 TU

 Abdeslam Ouaddou veut rester confiant pour Nancy et le Maroc.® AFP / Frederick Florin

Abdeslam Ouaddou veut rester confiant pour Nancy et le Maroc.
® AFP / Frederick Florin

Le défenseur du Maroc et de l'AS Nancy-Lorraine Abdeslam Ouaddou a encore en travers de la gorge la défaite des Lions de l'Atlas contre le Gabon à Casablanca, match pour lequel il était remplaçant. Pour lui, le Cameroun - Maroc du 6 juin sera déjà un match de barrage.

Comment allez-vous Abdeslam ?

 

Ca va, ça va. Je reviens d’une blessure à la cuisse qui a duré trois mois. Je suis même revenu un peu plus vite que prévu car le coach avait besoin de moi à Nancy. J’étais un peu à court physiquement et puis j’ai ressenti une petite douleur lorsque j’étais en stage avec le Maroc. Mais j’ai passé des examens et j’ai été rassuré. Il y avait des adhérences qui commençaient à se libérer au niveau de ma cuisse et tout était normal, en fait.

 

C’est ce qui vous empêché de participer au match Maroc - Gabon à Casablanca (ndlr défaite du Maroc 2-1) ?

 

Non car de toutes façons j’étais prévu comme remplaçant. L’équipe avait été annoncée depuis le jeudi précédant la rencontre et ce n’est que la veille du match que j’ai ressenti une douleur à la cuisse. Donc ce n’est pas ce qui ma empêché de jouer. Le coach Roger Lemerre préférait simplement aligner Talal El Karkouri et Amine Erbati en défense centrale.

 

Il a dû être difficile à vivre, ce match, sur le banc de touche du Maroc...

 

C’est sûr que pour nous ce fut une grosse désillusion. Parce que l’on comptait vraiment sur ce match pour bien commencer ces éliminatoires. On voulait bien démarrer car, les deux dernières fois, on n’a pas très bien géré les premiers matchs et cela nous a pénalisés par la suite. On voulait donc bien entrer dans la compétition pour, à la fin, être maîtres de notre destin. Mais cela s’est passé différemment.

 

Vous pensez qu’il s‘agit juste d’un match raté ou que le mal est plus profond pour l’équipe du Maroc ?

 

J’aimerais bien vous dire qu’il s’agit d’un accident car il reste encore beaucoup de matchs à jouer. Nous, on va s’accrocher. Dans le football, il peut y avoir des surprises. C’est vrai que, avec ce résultat, on se trouve tout de suite dos au mur. A nous maintenant d’aller chercher une victoire à l’extérieur pour continuer à espérer une qualification pour le Mondial, même si ça va être difficile. Surtout dans un groupe qui compte le Togo, le Cameroun et le Gabon. Le Gabon qu’il ne faut pas sous-estimer, contrairement à ce que nous avons fait à Casablanca. Dans le football, il ne faut jamais être trop confiant.

 

Cette équipe du Gabon était pourtant privée de ses deux joueurs les plus connus : Eric Mouloungui et Daniel Cousin….

 

C’est vrai. Je tiens à leur donner un grand coup de chapeau. Même privée de deux de ses meilleurs joueurs, cette équipe gabonaise a réussi à battre la grande équipe du Maroc, du moins grande sur le papier. Il faut féliciter l’équipe qui était sur le terrain. Et aussi le travail qu’a effectué Alain Giresse (ndlr le sélectionneur du Gabon). Il ne faut pas dire que l’équipe du Maroc est passée à côté de son match. Tout simplement, on n’a pas fait ce qu’il fallait et, pour moi, sur l’ensemble du match, le Gabon a été meilleur que nous.

 

Cette défaite était la première à domicile en match officiel depuis 21 ans pour le Maroc et la presse s’est déchaînée contre vous, les jours qui ont suivi….

 

Vous savez, c’est pareil dans tous les pays qui aiment le football. En Afrique, les gens regardent tous les matchs et quand l’équipe nationale perd de cette façon, c’est normal que le peuple soit déçu. Jusqu’au prochain match, je ne vous cache pas que l’on va vivre des moments difficiles. A nous de réagir. En football, tout est possible. Il faudra arriver au mois de juin avec beaucoup d’envie et faire preuve de beaucoup d’abnégation.

 

Cameroun-Maroc le 6 juin Yaoundé, ce sera le match de la peur ?

 

Exactement. Ce sera déjà comme un match de barrage. Mais ce sera aussi un match excitant à jouer. Très difficile quand même car on sait que les équipes maghrébines ne brillent pas trop à l’extérieur. Par rapport au climat, par rapport à l’adversité et par rapport au terrain aussi car nos qualité sont surtout basées sur le jeu court et sur le mouvement, avec beaucoup de vivacité. Même si le Cameroun joue aussi beaucoup au ballon, cela reste un adversaire très physique. Il faudra aussi jouer sur leurs qualités et la tâche se compliquera encore plus mais il faut y croire. Si on commence à douter maintenant autant « remballer les gaules »  tout de suite !

 

Au Maroc, on reproche, semble-t-il, à Roger Lemerre de ne faire appel qu’à des joueurs évoluant à l’étranger. C’est l’éternel débat, non ?

 

C’est effectivement un débat qui dure depuis une bonne décennie. Depuis que les joueurs marocains réussissent en Europe. Il faut arriver à faire un mélange. Regrouper les 23 meilleurs pour représenter le Maroc. Maintenant, Roger Lemerre a décidé de convoquer beaucoup de joueurs « européens » et moi, je suis cette logique parce que l’Europe, c’est le summum pour un joueur professionnel. Quand on voit que les Brésiliens quittent leur championnat pour venir en Europe, c’est pour passer un palier, pour réussir. Je trouve donc tout à fait normal que l’on sélectionne des joueurs qui évoluent en Europe. Après, c’est toujours la même histoire: si ça marche, personne ne trouve rien à redire. Et quand  ça ne marche pas, les loups sortent du bois, critiquent et montrent leur mécontentement.

Voir la suite de l'interview consacrée à Nancy