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France

Rejet de la loi Hadopi : un nouveau camouflet pour la majorité

par  RFI

Article publié le 09/04/2009 Dernière mise à jour le 10/04/2009 à 11:19 TU

A la surprise générale, le projet de loi de lutte contre le piratage sur internet a été rejeté, en raison de la présence d'un nombre insuffisant de députés de la majorité UMP. La gauche exulte et demande au gouvernement de renoncer à ce projet de loi qui devrait pourtant être voté, cette fois pour de bon, fin avril dès la reprise des travaux à l'assemblée. En attendant, L'UMP est à nouveau victime de son absentéisme sur les bancs de l'Assemblée.


Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Roger Karoutchi (c) à l'Assemblée nationale, le 9 avril 2009.(Photo : AFP)

Le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Roger Karoutchi (c) à l'Assemblée nationale, le 9 avril 2009.
(Photo : AFP)



Les députés UMP absents dans l’hémicycle... Seuls quinze d'entre eux étaient présents pour l'ultime vote sur la loi Hadopi. Et comme l'an passé sur le projet de loi OGM, une poignée d’élus de gauche a donc réussi à contrer la majorité sur un projet très cher à Nicolas Sarkozy : la lutte contre le téléchargement illégal sur internet. Vingt et une voix contre quinze lors du vote à main levée.

C’est la première fois, en vingt six ans, qu'un texte entériné par une commission mixte paritaire Assemblée-Sénat est ainsi rejeté par l'une des deux chambres. Trop confiants, sans doute, les députés UMP étaient partis pour la plupart déjeuner, permettant à l'opposition de réussir ce nouveau coup politique.  

Trop tard pour une demande de renfort

Pour la petite histoire, une dizaine de députés socialistes attendaient cachés derrière l'hémicycle. Ce n’est qu’au moment du vote qu’ils sont entrés. Impossible donc pour l'UMP de demander du renfort. Trop tard. Le texte a ainsi été rejeté.

Fort de ce désaveu, un véritable camouflet infligé au gouvernement, les socialistes demandent à présent l'abandon du projet de loi et mettent en garde contre un « passage en force » de ce texte. Ils le jugent véritablement « liberticide », à l'instar d'ailleurs d'une majorité d'internautes (60% sont contre selon un récent sondage, dont 51% parmi les sympathisants de l'UMP).

Aucune chance n’existe pour que le message soit amendé ou purement abandonné. L'opposition a, certes, réussi un joli coup politique à la faveur de cet « absentéisme chronique » des députés UMP. Mais après s'être fait piéger, ces derniers ont été prompts à réagir. La colère passée, leur patron,  Jean François Copé, a annoncé que le texte serait réexaminé le 28 avril prochain, soit dès la reprise des travaux à l'Assemblée après la trêve pascale, en jurant sans doute, comme dans la fable, qu'on ne l'y reprendrait plus. Le 28 avril, gageons que l'hémicycle ne sera pas à moitié vide.