par Patrick Adam
Article publié le 11/05/2009 Dernière mise à jour le 12/05/2009 à 07:53 TU

Le Premier ministre britannique Gordon Brown présente ses excuses lors d'une intervention publique à l'Ecole royale des infirmiers à Yorkshire, le 11 mai 2009.
(Photo : AFP)
C’est à un bien étrange inventaire auquel se livre la presse britannique depuis plusieurs jours maintenant. Chaque jour apporte son lot de révélations dans le dossier devenu très sensible de notes de frais remboursées par l’Etat aux ministres et députés.
En fin de semaine dernière, le Daily Telegraph a porté le coup de grâce avec plus d’une dizaine de pages consacrées à ces remboursements divers qui prêteraient à sourire s’ils ne révélaient l’absurdité d’un système que le Premier ministre s’est engagé à réformer.
Sur cette liste de remboursements de frais, l’on trouve une balayette WC, un citron, des couches-culottes, des ampoules électriques, un père Noël en chocolat, de la nourriture pour chien. Le ministre de la Justice Jack Straw a obtenu le défraiement d’un ouvre-boite ! Autant de sommes modiques mais certaines sont beaucoup plus importantes. Ainsi une élue travailliste a obtenu plus de 25 000 euros pour traiter sa résidence secondaire contre un champignon. Quant au secrétaire d’Etat aux Services sociaux, il se serait fait rembourser plus de 40 000 euros en quatre ans pour équiper son appartement londonien, des meubles jusqu’aux casseroles.
Le système n’est pas illégal
Malgré la régularité du procédé, mais à l’heure de la crise, le principe fait très mauvais effet dans l’opinion. Il prévoit, en effet, l’indemnisation d’un logement secondaire pour les parlementaires qui ont un pied-à-terre dans leur circonscription et un autre à Londres. Mais les révélations attestent de très nombreux abus.
C’est d’abord les travaillistes du Labour qui avaient été touchés, mais désormais l’opposition conservatrice est également éclaboussée. Le chef des Torries David Cameron est épargné mais plusieurs hauts responsables du parti sont concernés. Alan Duncan par exemple, chef de file des conservateurs à la chambre des Communes s’est fait rembourser plusieurs milliers d’euros de jardinage.
Pour l’heure les élus insistent sur le caractère légal de ces remboursements mais l’effet pourrait être dévastateur dans l’opinion. Du coup David Cameron affirme qu’il « ne suffit pas de dire qu’on a respecté les règles, nous devons tous reconnaitre que nous sommes désolés pour ce qui s’est passé et que cela doit changer ». Même tonalité de la part du Premier ministre, Gordon Brown, qui s’est excusé au nom de la classe politique. Un mea culpa qui ne suffira sans doute pas à relever sa cote de popularité, au plus bas dans les sondages.