En Grande-Bretagne, le scandale des notes de frais a provoqué une première sanction au sein du gouvernement britannique. Le secrétaire d'Etat à la Justice, Shahid Malik, a été suspendu de son poste dans l'attente des résultats d'une enquête sur ses notes de frais. Le Labour du Premier ministre Gordon Brown, tout comme l'opposition, pourraient subir le contrecoup de ce scandale lors des élections européennes.

Le secrétaire d'Etat à la justice, Shahid Malik, a été suspendu de son poste dans l'attente des résultats d'une enquête sur ses notes de frais.
(Photo: Reuters)
Un vote sanction aux européennes à cause de notes de frais. C'est le Labour, le Parti travailliste au pouvoir, qui paie aujourd'hui la note la plus salée. En une semaine, moins 3 points dans les sondages. Les travaillistes recueillent seulement 20% d'intentions de vote pour les européennes. Talonnés par les libéraux-démocrates à 19% et, très loin derrière, les conservateurs. Même si les Tories ont chuté de 9 points, ils sont encore les favoris des européennes, avec 29% dans les sondages.
En revanche, le scandale des notes de frais, ajouté au chômage croissant, profite à deux partis. L'UKIP, le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni, hostile à l'Union européenne, obtiendrait 15% des suffrages. Un score identique à celui des européennes de 2004.
Le Parti national britannique, l'extrême droite, peut quant à lui détourner l'électorat ouvrier, plutôt à gauche. Faire élire l'un des siens au Parlement européen, le 4 juin prochain, serait une première. L'extrême droite y croit, elle joue sur le discrédit des grands partis. Elle a déjà sorti des affiches montrant des députés travaillistes et conservateurs à tête de cochon, en train de se disputer des liasses de billets.
| La vaine contrition des élus |
Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix
Shahid Malik est la première victime d’envergure d’un scandale qui salit depuis maintenant plus d’une semaine toute la classe politique et enfle un peu plus chaque jour. Tout comme d’ailleurs la colère des électeurs qui découvrent avec effarement les abus ubuesques de nombre de leurs députés.
Epicerie, immobilier, entretien de leur maison, de leur piscine ou de leur court de tennis, et même remboursement de crédits n’existant pas, certains parlementaires n’ont eu aucun scrupule.
Depuis, face à l’indignation générale, des élus au visage contrit viennent se justifier sur les chaînes de télévision. Quelques-uns assurent même avoir déjà remboursé des dizaines de milliers de livres, mais pour le moment leur démarche est loin de toucher l’opinion.
Au contraire, les sondages prédisent un violent contrecoup lors des élections européennes, et la sanction pourrait aller au-delà des urnes puisque l’alliance des contribuables britanniques et le tabloïd Daily Mail viennent de lancer une campagne pour lever des fonds et ainsi financer des actions en justice privées contre des parlementaires ayant abusé du système.
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