Article publié le 19/05/2009 Dernière mise à jour le 19/05/2009 à 21:40 TU

Le Speaker des Communes britannique Michael Martin annonçant qu'il renonce à son poste, à Londres le 19 mai 2009.
(Photo : Reuters)
Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix
Michael Martin a donc finalement cédé à la pression. Il a annoncé, ce mardi, devant les députés britanniques qu’il renonçait au poste de Speaker « pour que l’unité de la Chambre des Communes soit maintenue ». Une déclaration de quelques secondes à peine, lue dans un silence pesant, dans laquelle il a simplement précisé, sans la moindre émotion, qu’il partirait le dimanche 21 juin et que l’élection de son successeur aurait lieu le lendemain même.
Mais la punition ne s’arrête pas là, puisque Michael Martin, responsable d’une des circonscriptions de Glasgow depuis trente ans, devra aussi abandonner son mandat de député. Le Speaker paie ainsi pour ne pas avoir voulu mener les réformes du système de défraiement des députés qui provoque aujourd’hui l’un des plus grands scandales politiques de ces dernières années au Royaume-Uni.
Sa démission a cependant été accueillie sobrement parce que les députés savent que la chute symbolique du président d’un Parlement, décrié de toute part, n’est que le début d’un long processus pour restaurer la confiance des Britanniques dans leurs hommes politiques.
Cette affaire ébranle toute la classe politique britannique. Dans une conférence de presse, le Premier ministre, Gordon Brown a essayé de reprendre l’initiative, parce que lui aussi est accusé d’avoir jusqu’à présent très mal géré cette crise. Il a donc promis des changements immédiats concernant les règles sur les dépenses parlementaires.
Une commission indépendante va examiner les abus et les irrégularités commis par certains députés et l’argent, indûment perçu, devra être intégralement remboursé. Il a aussi confirmé que ces élus ne pourront pas se représenter lors des prochaines élections générales qu’on attend d’ici juin 2010.
Gordon Brown a enfin prôné une réforme en profondeur du Parlement et, notamment, une régulation externe des députés qui, jusqu’à présent, édictaient eux-mêmes les règles les concernant. Le Premier ministre propose la mise en place d’un organisme de contrôle indépendant. Et l’espoir de Gordon Brown est ainsi d’apaiser les électeurs, alors que les appels à des élections anticipées se multiplient depuis quelques heures.
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