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Pakistan

Un touriste français enlevé au Baloutchistan

Article publié le 24/05/2009 Dernière mise à jour le 24/05/2009 à 21:15 TU

Quetta, capitale de la province pakistanaise du Baloutchistan.(Photo : www.flickr.com)

Quetta, capitale de la province pakistanaise du Baloutchistan.
(Photo : www.flickr.com)

Des hommes armés ont enlevé un touriste français, âgé d'une quarantaine d'années, dans le sud-ouest du Pakistan dans une zone à risque, foyer de rebelles séparatistes et proches des talibans. L'enlèvement n'a pas été revendiqué pour l'instant. A Paris, le ministère des Affaires étrangères a confirmé le kidnapping sans plus de précision. « Les autorités françaises, notamment l'ambassade de France à Islamabad et le Centre de crise du ministère sont pleinement mobilisés », précise un communiqué du Quai d'Orsay, rappelant qu'il est fortement déconseillé aux voyageurs de se rendre dans cette zone.

Avec notre correspondant à Islamabad, Eric de Lavarène

Le groupe de six touristes français a été intercepté quelques heures après avoir quitté Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan, pour se rendre en Iran. Ils étaient en voiture dans cette région qui jouxte l’Afghanistan et qui est considérée comme un sanctuaire pour les talibans. Des hommes armés ont arrêté ces touristes et ont kidnappé l’un d’eux, laissant repartir les cinq autres, dont deux femmes et deux enfants en bas âge.

La route qui relie Quetta à l’Iran est l’une des plus dangereuses du Pakistan. La zone est gangrénée par l’extrémisme religieux et par une guérilla meurtrière contre le gouvernement, la guérilla baloutche. C’est aussi une région de transit du trafic d’héroïne en provenance d’Afghanistan.

Il y a très peu de tourisme au Pakistan à cause de la situation politique instable et à cause des affrontements avec les talibans.

Au début de l’année, le responsable américain d’une agence des Nations unies avait été enlevé en pleine journée et en pleine rue à Quetta. Au moment où il sortait de son domicile, son chauffeur avait été abattu. L’homme a été relâché après deux mois de captivité.

Une région de tous les dangers

La province du Balouchistan située à 80 km de la frontière afghane est très fortement déconseillée aux touristes. Depuis 2004, la plus grande des provinces du Pakistan est interdite aux touristes. Les étrangers sont théoriquement tenus de signaler aux autorités pakistanaise le moindre de leurs déplacements.

 Les montagnes où circulaient les vacanciers français sont non seulement parmi les plus instables du pays, mais elles serviraient également de cache au mollah Omar, le chef spirituel des talibans afghans. Comme la province de la frontière du nord-ouest, comme les zones tribales, le Balouchistan se situe à la frontière de l’Afghanistan. Des kyrielles de factions s’y disputent le territoire. À commencer par les séparatistes baloutches.

 Le Balouchistan est aussi le repaire des talibans pakistanais qui ont capturé, puis décapité un géologue polonais il y a quatre mois. La route qui relie Quetta à l’Iran est enfin une des plus dangereuses du pays pour ses  bandits de grand chemin. C’était d’ailleurs déjà le cas dans les années 70. Plus d’un hippie se rendant à Katmandou y a laissé la vie.