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France / Aide au développement

Tentative de relance de la «taxe Tobin»

par Myriam Berber

Article publié le 29/05/2009 Dernière mise à jour le 29/05/2009 à 16:07 TU

La « taxe Tobin » sur les transactions monétaires pour financer l’aide aux pays pauvres refait surface en France. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et le secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet ont relancé l’idée, lors d’une conférence internationale sur les financements innovants. Une initiative critiquée par la ministre de l’Economie Christine Lagarde, qui a indiqué que ce projet n’était « pas à l’étude pour le moment ».
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, défend l'idée d'un prélèvement de 0,005% sur les transactions monétaires.(Photo : Reuters)

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, défend l'idée d'un prélèvement de 0,005% sur les transactions monétaires.
(Photo : Reuters)

La « taxe Tobin » revient sur le devant de la scène à intervalles réguliers. Cette fois, c’est le ministre des Affaires étrangères qui a suggéré, jeudi 28 mai 2009, la possibilité de taxer les flux monétaires internationaux, lors de l’ouverture de la conférence internationale consacrée aux financements innovants et à l’aide au développement. Bernard Kouchner a défendu l’idée d’un prélèvement de 0,005% sur les transactions monétaires. Son objectif : apporter des financements complémentaires à l’aide au développement. Selon le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, cette taxe  pourrait rapporter entre 30 et 60 milliards de dollars par an.

Nuance de taille, cette taxe serait mise en place sur une base volontaire, c'est-à-dire que seuls les Etats qui auraient accepté le mécanisme y seraient soumis, insiste-t-on dans l'entourage de Bernard Kouchner. Pour la ministre de l'Economie, son collègue des Affaires étrangères « a toujours des idées très généreuses » mais « on ne peut pas procéder de manière solitaire dans ce domaine ». Et Christine Lagarde de rappeler que le projet d’une telle taxe n’était « pas à l’étude pour le moment ». Londres, place financière majeure, y est également farouchement opposée.

300 millions d’euros en 2008 pour la « taxe Chirac »

Bernard Kouchner a proposé cette taxe, sur le modèle de celle proposée par l'économiste James Tobin. C’est en 1972 que ce Prix Nobel d’économie propose d’instaurer une taxe de 0,5% à 1% sur toutes les opérations de change à travers le monde afin de diminuer la spéculation boursière. Idée reprise par bon nombre d’organisations non gouvernementales comme l’association Attac, notamment. Les ONG souhaiteraient mettre en place une taxe sur les transactions monétaires, dans le but, non pas de limiter la spéculation, mais de résoudre les problèmes des pays en voie de développement.

Depuis, de nombreux hommes politiques se sont ralliés à cette idée. En 2001, le Premier ministre socialiste français, Lionel Jospin, la propose à deux occasions. Jacques Chirac la reprend ensuite à son compte. Mais faute de réunir un nombre suffisant de pays, le président se replie sur la création d’une taxe sur les billets d’avion. La « taxe Chirac », un prélèvement de 1 à 40 euros sur les billets d’avion, a rapporté 300 millions de dollars en 2008. Cette somme a intégralement été reversée à  Unitaid, une organisation internationale spécialisée dans l’achat de médicaments permettant de lutter contre le sida, le paludisme ou la tuberculose. Trois grandes maladies infectieuses qui font chaque année plus de six millions de victimes à travers le monde.