Article publié le 23/06/2009 Dernière mise à jour le 25/06/2009 à 20:13 TU
Morgan Tsvangirai est arrivé mercredi après-midi à Paris pour une visite officielle de trois jours, dernière étape de sa tournée en Europe et aux Etats-Unis. Au cours de son séjour en France, le Premier ministre zimbabwéen doit notamment avoir des entretiens avec le Premier ministre, le secrétaire général de l'Elysée, le chef de la diplomatie, la ministre de l'Economie et le patronat français. Le leader zimbabwéen veut mobiliser des fonds pour son pays et relancer les relations avec l'Occident.
Bonne nouvelle pour Morgan Tsvangirai : il ne devrait pas connaître à Paris les affres de sa visite à Londres où il a été hué par une partie de la diaspora zimbabwéenne.
Economiquement, ses trois semaines de tournée n'ont pas été couronnées du succès espéré. Le Premier ministre du Zimbabwe n'a pas convaincu les Occidentaux de relancer leur aide budgétaire à destination de son pays. Les presque 100 millions d'euros promis jusque-là seront en effet versés aux agences humanitaires et non dans les caisses de l'Etat.
Poursuivre les réformes
A Paris, Morgan Tsvangirai devrait entendre la même musique qu'à Washington, Berlin, Bruxelles ou Londres : « Effectuez les réformes de l'appareil sécuritaire, rétablissez l'état de droit, mettez un terme aux violations des droits de l'homme et nous reprendrons l'aide directe ».
Politiquement en revanche, l'offensive de charme de l'ex-syndicaliste devenu Premier ministre est plus réussie. Ses rendez-vous successifs avec les dirigeants européens et américains lui ont permis d'asseoir sa stature d'homme d'Etat.
Perçu pendant un temps comme un pion manipulé par Robert Mugabe, Morgan Tsvangirai s'est positionné comme l'unique interlocuteur des Occidentaux. A tel point, selon une source à Harare, que le président aurait pris ombrage des honneurs réservés à son ancien opposant. Il faut dire que pendant que Tsvangirai était reçu par Barack Obama, Mugabe accueillait, lui, le roi du Swaziland.