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Turquie

La tension monte entre l’armée et le parti islamiste au pouvoir

Article publié le 02/07/2009 Dernière mise à jour le 02/07/2009 à 05:04 TU

Le 26 juin dernier, le général Ilker Basbug (d) a démenti toutes tentatives de coup d'Etat contre le parti au pouvoir, l'AKP, en affirmant qu'il s'agissait d'une campagne de diffamation contre l'armée.(Photo : Reuters)

Le 26 juin dernier, le général Ilker Basbug (d) a démenti toutes tentatives de coup d'Etat contre le parti au pouvoir, l'AKP, en affirmant qu'il s'agissait d'une campagne de diffamation contre l'armée.
(Photo : Reuters)

L’incarcération mardi soir de nouveaux officiers, dont un colonel accusé de préparer un complot contre le gouvernement, illustre une fois de plus les tensions qui existent entre le Parti de la justice et du développement (AKP), issu de la mouvance islamiste, et la puissante armée, gardienne autoproclamée de la laïcité. Le colonel Dursun Cicek qui a été remis en liberté est soupçonné de liens avec le réseau Ergenekon, une organisation d'extrême droite accusée par le parquet d'avoir planifié une vague d'attentats et d'assassinats pour provoquer un coup d'Etat militaire.

Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

La publication du document indiquant la méthode pour « se débarrasser de l’AKP » au pouvoir, avait fait grand bruit et inspiré au chef d’état-major un verdict sans appel : « Ce document n’est qu’un vulgaire bout de papier, et le procureur militaire n’a trouvé aucune raison de poursuivre son auteur présumé », avait martelé Ilker Basbug lors d’une conférence de presse convoquée en urgence.

Mais la justice civile, elle, en a décidé autrement. Dans l’attente d’une expertise définitive sur l’authenticité du document, le colonel Dursun Ciçek a été inculpé d’appartenance au vaste réseau Ergenekon, qui vise à renverser le gouvernement et dont le procès a débuté à l’automne dernier.

C’est ainsi le premier haut gradé en activité qui signe contre le gouvernement un document officiel au nom de l’armée - jusqu’à preuve formel de son origine - qui se retrouve impliqué dans ce complot qui empoisonne depuis deux ans maintenant les relations entre les militaires et le gouvernement de Tayyip Erdogan.

Cette nouvelle arrestation pousse cette fois les militaires dans leurs derniers retranchements, et renvoie ceux qui nient l’existence du réseau Ergenekon à une évidence : en Turquie, les putschistes sont toujours à l’affût.