Article publié le 02/07/2009 Dernière mise à jour le 02/07/2009 à 20:18 TU
Avec notre envoyé spécial à Bobigny, Franck Alexandre

Marie Dose, avocate de Cheb Mami au tribunal correctionnel de Bobigny, le 2 juillet 2009.
(Photo: AFP)
Quelques instants auparavant, Camille à la barre a raconté la tentative d’avortement sauvage dont elle a été victime. Charcutée une nuit entière par deux avorteuses dans une maison d’Alger appartenant à Cheb Mami.
Et puis, il y a cette écoute téléphonique recueillie par les policiers français où Cheb Mami appelle la victime, lui disant : « Tu ne peux plus être enceinte. J’ai tout vu, j’étais là. J’ai vu le sang, les mains qui grattaient ».
La star du raï est coincée, condamnée par ses aveux recueillis à son insu. Au lieu de reconnaître les faits, il s’enfonce et accuse son homme de main, son manager, d’avoir tout organisé :
- « Vous saviez que cet avortement sauvage allait se passer chez vous ? », interroge le président.
- « Exactement », répond l’accusé.
Médusé le président poursuit :
- « Vous savez donc ce qui allait se passer ? ».
- « Monsieur le président, j’étais dépassé ».
- « C’est surréaliste », conclut le juge.
A aucun moment, Cheb Mami n’a un regard ou un mot pour la victime. Ses arguments de défense sont pathétiques : « je ne voulais pas d’enfant illégitime, explique-t-il, car c’était contraire à ma culture, à ma religion, c’était la honte pour moi ».Un véritable naufrage. Le réquisitoire a été annoncé dans la soirée : le parquet demande sept ans de prison ferme contre le chanteur. 6 ans sont également requis contre l'agent de Cheb Mami, Michel Le Corre, qui avait organisé le voyage de la victime en Algérie.