par Emmanuelle Bourget
Article publié le 27/07/2009 Dernière mise à jour le 27/07/2009 à 17:19 TU

Carl Bildt, ministre des Affaires étrangères suédois, lors d'une conférence de presse en marge d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles, le 27 juillet 2009.
(Photo : Reuters)
Il aura fallu moins de cinq jours entre le dépôt de la candidature islandaise à l’UE et l’aval donné par les ministres européens à la première étape du processus d’adhésion. Les Pays-Bas avaient pourtant menacé d’y opposer leur veto si le Parlement islandais n’approuvait pas l’accord Icesave, lequel restera finalement en suspens jusqu’au retour de vacances des parlementaires.
Cet accord prévoit le remboursement avec intérêts entre 2016 et 2024 des 2,6 et 1,3 milliards d’euros respectivement versés par le Royaume-Uni et les Pays-Bas à l’Islande. Des sommes destinées à dédommager les 320 000 clients britanniques et néerlandais qui avaient vu leurs comptes gelés suite à la nationalisation de la banque Landbanski en octobre 2008.
Le processus d’adhésion à l’UE : deux poids, deux mesures ?
Les 27 ministres des Affaires étrangères ont néanmoins donné leur feu vert au processus d’adhésion. Mais la rapidité avec laquelle cette première étape a été franchie pourrait susciter le ressentiment des autres candidats, notamment certains pays des Balkans.
Le Monténégro, qui avait déposé son dossier en décembre 2008, a ainsi dû attendre avril pour obtenir que sa candidature soit transmise à la Commission. Quant à l’Albanie, qui a adressé sa requête fin avril, elle attend toujours, pénalisée par l’incertitude qui règne sur les résultats définitifs des élections législatives de fin juin.
Cette rapidité peut d’autant plus prêter à polémique qu’elle vient contredire les récentes déclarations de la France et l'Allemagne, selon lesquelles une pause était nécessaire dans les adhésions pour permettre à l'UE d'adopter le traité de Lisbonne.
Pas de procédure accélérée pour l’Islande
Pour autant, le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt, dont le pays assume la présidence tournante de l’UE, a tenu a apaiser les esprits, assurant que l’Islande ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur. Il a toutefois souligné que l’appartenance de l’Islande au marché commun européen et à l’espace Schengen allait dans le sens d’un examen plus rapide. La petite île applique en effet déjà près des trois quart des directives européennes. Et l’accès direct à la région arctique que permettrait cette adhésion n’est certainement pas à négliger.
Carl Bildt a cependant tenu à faire valoir que la candidature islandaise ne devait pas faire d’ombre aux pays des Balkans. « Nous devons trouver un élan [pour leur intégration] », a-t-il affirmé, ajoutant percevoir « un risque de retour en arrière concernant les Balkans, même s’il n’est pas très élevé aujourd’hui ». Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a de son côté rappelé la nécessité de « respecter l’ordre de ceux qui ont tenté de rejoindre [l’UE] ».
La rapidité de cette procédure reste toutefois à relativiser. Il faudra en effet plusieurs mois à la Commission pour rendre son avis – l’évaluation des pays candidats n’a jamais duré moins de 14 mois – avant l’ouverture de négociations d’adhésion.