par RFI
Article publié le 30/07/2009 Dernière mise à jour le 30/07/2009 à 04:15 TU
Urgence permanente, surcharge de travail et management par la terreur. Telles sont quelques-unes des expressions employées par Michel dans la lettre qu'il a laissée. Agé de 51 ans, il travaillait pour France Télécom depuis plus de 30 ans et n'aurait pas supporté l'évolution de ses conditions de travail.
Un sentiment qui se généralise chez les salariés, selon Patrick Eyerman, du syndicat Sud PTT. « Le malaise est évidemment général. Aujourd’hui, j’ai encore reçu les témoignages concernant un suicide qui a eu lieu dans une agence commerciale : une employée qui, presque publiquement, s’est ouvert les veines avec un scalpel », explique-t-il.
Avenir incertain
« On a vraiment une situation très délétère à France Télécom, une violence dans les relations sociales qui devient très forte, des pressions très fortes sur le personnel », se plaint Patrick Eyerman avant d'ajouter : « Ce sont les gens autour des 50 ans qui sont les premières victimes et se sentent plus fragilisés et mis en cause sur leurs compétences professionnelles. Les gens massivement ne croient plus beaucoup en l’avenir de l’entreprise mais aussi en leur avenir individuel ».
Selon Patrick Eyerman, 18 salariés de France Télécom se seraient suicidés depuis février 2008. De son côté la direction assure qu'il est important de comprendre ce qui s'est passé pour le suicide de Michel, même si, selon elle, « les causes d'un suicide sont toujours multiples ».