par Guillaume Thibault
Article publié le 10/08/2009 Dernière mise à jour le 10/08/2009 à 17:47 TU

Le président du Real Madrid, Florentino Perez, a dépensé beaucoup d'argent pour recruter des stars internationales, telles que Cristiano Ronaldo, le Français Karim Benzema ou le Brésilien Kaka.
(Photo: Reuters)
Le Real Madrid, le club le plus endetté au monde, a déboursé plus de 300 millions d'euros cet été pour s'offrir 5 joueurs. Avec un record : Madrid a dépensé 94 millions pour acheter Cristiano Ronaldo à Manchester United, une somme jamais atteinte dans le passé.
Critiques sans lendemain
De nombreux observateurs, notamment Silvio Berlusconi, ont jugé ces sommes démentielles. Le président du conseil italien explique : « Le football doit revenir à la normale. Nous ne devons pas acheter à n'importe quel prix ».
Il faut quand même rappeler que Berlusconi est patron du Milan AC, l'une des locomotives du foot italien. Et qu'il a vendu le brésilien Kaka au Real justement pour 65 millions d'euros.Florentino Lopez, le président du Real a coupé court à la polémique : « En vendant 1 million 200 000 maillots du joueur à 80 euros pièces, l'investissement est remboursé ».
En France aussi les montants des transferts ont choqué.
Frédéric Thiriez, le patron de la LFP, la Ligue de Football Professionnel, analysait la situation en juin dernier : « Je pense, comme Michel Platini, que ces sommes sont injustifiables. Ce type d'excès finira par conduire le football européen dans le mur ».
Interrogé à la reprise du Championnat de France le 8 août, le même Frédéric Thiriez se félicitait des recrutements des quatre grands clubs français : Bordeaux, Marseille, Paris et Lyon. Pourtant, le patron du foot professionnel le sait : jamais les sommes dépensées n'ont été aussi importantes.
Et dans cette spirale infernale de la surenchère, on trouve : Lyon qui a dépensé plus de 70 millions d'euros, le 5è montant européen de l'été. Marseille qui a débloqué 40 millions pour s’offrir les joueurs demandés par le nouvel entraîneur, Didier Deschamps.
Pour financer de telle sommes, les clubs ont besoin d'un outil essentiel : un grand stade où les supporters peuvent venir dépenser sans compter. Toujours à Lyon, Jean-Michel Aulas compte investir 350 millions d'euros pour la construction de l'OL Land.Une enceinte de 60 000 places, des magasins, des hôtels, des restaurants et des boutiques, un lieu aux couleurs du club où l'on vient en famille.
Même idée à Marseille. La ville et le club comptent injecter 150 millions d'euros pour réorganiser et agrandir le fameux stade Vélodrome.Copier la méthode française
Devant ces excès, de nombreuses voix s’élèvent pour demander une réglementation commune dans toute l’Europe.
Et l’exemple français pourrait faire école. Dans l’Hexagone, la DNCG, la Direction nationale du contrôle de gestion, vérifie chaque année les finances des clubs.
Ainsi, la dette des clubs français est évaluée à 100 millions d'euros. Elle est de 3 milliards et demi en Espagne, de 4 milliards au Royaume-Uni. L'idée serait donc de créer une commission de contrôle européenne.
Les patrons de clubs français, la Fédération de football et les politiques vont dans ce sens. L'ancienne ministre des Sports par exemple, Marie-Georges Buffet, soutient ce projet car dit-elle « on peut parfois s'interroger sur l'origine de ces sommes mirobolantes ».
Un projet qui risque de rester longtemps dans les tiroirs. Les grands clubs menacent chaque année de créer une ligue privée européenne. Un championnat franchisé, à l'image de ce qui se fait dans le sport américain. Avec un objectif commun pour les joueurs, les patrons, les investisseurs et les chaînes de télévision : gagner des titres certes mais, surtout, toujours plus d'argent.