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Revue de la presse française

Revue de la presse française du 22 août 2009

Lockerbie

La libération du responsable de l'attentat de Lockerbie provoque une affaire diplomatique en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis où les opinions publiques sont choquées. En revanche, les Français semblent s'y intéresser de plus loin...

Lockerbie, village d'Ecosse : le 21 décembre 1988, un Boeing 747 de la compagnie PanAm s'y était écrasé. 270 personnes, pour la plupart de nationalité américaine, avaient trouvé la mort.

Un peu plus tard, Abdelbaset al-Megrahi, agent de renseignement libyen, avait été condamné par un tribunal écossais à la prison à perpétuité, avec une peine de sûreté de 28 ans.

Libéré avant hier jeudi, à cause d'un cancer de la prostate en phase terminale, certifié par des médecins, son retour à Tripoli a été fêté comme «une victoire pour tous les Libyens», selon le mot du fils du colonel Kadhafi, Seïf Al-Islam, affirmant dans un entretien télévisé que cette libération avait toujours été sur la table de toutes les négociations pour des contrats commerciaux de pétrole ou de gaz avec la Grande-Bretagne.

Indignation...

Le ministère britannique des Affaires étrangères a énergiquement démenti.

Aux Etats-Unis, pour Barack Obama, cette libération est «une erreur» et les conditions de son retour en Libye agacent prodigieusement. Robert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré que «les images venues de Libye sont scandaleuses et dégoûtantes».

A la différence des journaux anglais qui donnent depuis 48h un large écho à la libération d'al-Megrahi, considéré comme le responsable de l'attentat de Lockerbie, la presse française semble très en retrait. Moins concernée ou plus prudente.

Le journal Le Parisien y voit «une provocation» de la part du colonel Kadhafi et rappelle les circonstances de l'attentat ainsi que les réactions indignées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

L'autre piste de Lockerbie

Le Figaro fait un article plus pointu signé de Pierre Prier. Il examine la possibilité d'une éventuelle erreur judiciaire. Megrahi, qui a toujours déclaré être innocent, avait fait appel, une possibilité que la justice écossaise lui avait accordée et à laquelle il a renoncé au dernier moment. Selon Pierre Prier, la grâce médicale a finalement été choisie pour lui car la procédure est plus rapide. Le journaliste estime que «la vérité sur Lockerbie ne sera peut-être ainsi jamais connue».  Le titre de l'article du Figaro est à la fois explicite et explosif : «l'autre piste de Lockerbie, celle de la Syrie et de l'Iran».

La rentrée des écolos

La rentrée politique en France se décline surtout en Vert.

Ce sont les Journées d'été du parti écologiste qui se tiennent à Nîmes, pas très loin des arènes, ce qui en soi est une affiche. Le journal L'Alsace explique que «les divisions ont longtemps discréditées les écolos et que l'empoignade idéologique peut reprendre à tout moment ».

Le quotidien Sud-Ouest ajoute que cela ne fait rien, «ils peuvent toujours s'empailler, ils ont, cet été, franchi un cap et ils le savent pertinemment. En présentant des listes autonomes, ils menacent dans beaucoup de régions la prédominance d'un parti socialiste vermoulu qui se prépare à une réunion de La Rochelle où les canons n'ont pas fini d'être armés».

«On va casser la baraque à gauche»

Le Monde raconte comment Daniel Cohn-Bendit anime la chaleur de ce rassemblement et comment il a déjà marqué son territoire en proposant de faire alliance avec le MoDem de François Bayrou. En tout cas, raconte le journal, «on va casser la baraque à gauche» clament les militants en pensant aux élections régionales de mars prochain. Casser la baraque, autrement dit changer la gauche, cette fois c'est un programme.

Tout nu dans la vraie vie

Sur le plan des luttes sociales, l'été reste chaud... sauf pour certains salariés, qui se déshabillent. C'est la crise et il faut faire preuve d'imagination. C'est ce que Libération appelle «les stratégies de la visibilité». Pour attirer l'attention : ne pas faire comme les autres, surtout vis à vis des médias.

 Après ceux qui séquestrent leur patron et ceux qui veulent tout casser, par exemple en menaçant de faire sauter des bonbonnes de gaz... une nouvelle forme d'action syndicale apparaît en Bretagne. Les salariés de Chaffoteaux et Maury, menacés dans leur emploi, avaient déjà pris de multiples initiatives, cet été, mais c'est la toute dernière qui retient l'attention. Après avoir envoyé 13.000 cartes postales pour faire parler d'eux, leur idée a été de copier l'équipe de France de rugby qui, jadis, s'était montrée toute nue sur un calendrier. La méthode fait école.

On voit donc, à la Une de Libération, un des employés poser tout nu à côté d'une chaudière. Le message, c'est que «derrière chaque licenciement, il y a quelqu'un». Libération ajoute que «cette mise à nu peut mettre mal à l'aise»... Car il ne faut pas se réjouir de voir la négociation médiatique se substituer à la négociation sociale». Mais quoi, ajoute l'éditorialiste du journal, on peut les comprendre car «ils se retrouveront tout nus dans la vraie vie, dans quelques mois».


par Brice   Barillon

[22/08/2009]


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