Revue de la presse française
Programme politique chargé aujourd'hui : Conseil des ministres de rentrée puis convocation des banquiers à l'Elysée. Les dirigeants des grandes banques françaises étaient déjà réunis, hier, au ministère de l'Economie, pour une réunion préparatoire « très technique », « qui a durée près de trois heures » détaille La Tribune. Christine Lagarde leur a demandé de faire des propositions, « d'aller plus loin », sur la question des bonus qui fait scandale. Aujourd'hui, les banquiers rendent leurs copies à Nicolas Sarkozy.
« Ils se sentiront sûrement obligés de faire quelques avances, prédit La République du Centre. Mais ils se réfugieront ensuite derrière la concurrence sauvage de Wall-Street ou de la City (…) On devra alors s'en remettre au prochain G20 de Pittsburgh (aux Etats-Unis, fin septembre). Et là Nicolas Sarkozy ne devra pas seulement taper du poing sur la table mais la renverser. »
Le Président, rappelle Libération, s'est pour l'instant fendu de déclarations viriles. Avec la crise, tout devait changer. Le capitalisme devait être moralisé. « Tout devait changer. Tout ou presque est resté identique » constate Libé qui souligne que, pourtant, des solutions existent. Le quotidien donne d’ailleurs, ce matin, six pistes pour limiter les bonus. Par exemple, « taxer ces primes » ou « introduire un salaire maximum ».
« Car les effets de manche ne suffisent plus, note L'Alsace. C'est l'Etat qui paie. Et l'Etat a le droit et le devoir de contrôler l'usage qui est fait de l'argent public. » Cet hiver, les banques ont été largement renflouées - on le sait - par le contribuable. Principale erreur alors du gouvernement, rappelle le quotidien régional, « l'Etat aurait dû exiger (en mettant l'argent sur la table) des sièges aux conseils d'administration des banques subventionnées. » Il aurait ensuite pu faire pression sur les financiers.
« Combien de saucisse-purée ? »
Toujours à propos de gros sous (et peut-être pour faire oublier les primes faramineuses des traders !), voici une des questions - entre autres - que peut vous poser un distributeur de billets en Grande-Bretagne : « combien de saucisse-purée voulez-vous ? » Ce n'est pas une blague mais de l'argot ! En cockney, « saucisse-purée », soit « sausage and mash », ça veut dire du liquide, du cash.
Cette expérience va durer trois mois à Londres. Si elle est au goût des Anglais, elle sera étendue à tout le pays. Les distributeurs se mettront alors à parler différents patois !
Le gouvernement victime d’inflation
Retour à la politique. Après la moralisation du capitalisme pas franchement réussie : autre promesse non tenue de Nicolas Sarkozy, selon Libération, celle d'un gouvernement resserré. Plus question de distribuer des maroquins pour récompenser tel ou tel homme politique pour service rendus !
Là aussi, c’est donc raté ! « Le gouvernement Fillon est victime d'inflation » titre Libération. De nouveaux secrétaires d'Etat doivent - en effet - être nommés aujourd'hui en Conseil des ministres. L'UMP Frédéric Lefebvre pourrait obtenir le secrétariat à la Consommation et le radical de gauche, Paul Giacobbi, député corse, la Fonction publique. Le gouvernement passerait « la barre des 40 membres », « ce qui en ferait l'un des plus peuplé de la 5e République ».
Un débat « primaire »
A gauche maintenant, rentrée politique aussi en vue avec ce week-end l'université d'été de La Rochelle. En attendant ce rendez-vous, « le parti socialiste, pour Libération toujours, se rapproche de l'ère primaires ». Primaires avec un « s », pas de jugement de valeur donc pour le quotidien de gauche qui rapporte que l'idée d'organiser des primaires ouvertes à tous les sympathisants de gauche et non plus aux seuls militants du PS fait son chemin.
« Les leaders socialistes se convertissent un à un », poursuit le journal Les Echos : Bertrand Delanoë il y a trois jours et hier, Laurent Fabius, qui a déclaré que ces élections étaient « inévitables ». « Un oui donc contraint, pour Les Echos, mais un oui quand même ».
Au sein du PS, il y a encore beaucoup de réticences à propos de ce scrutin : Comment l'organiser ? A qui sera-t-il ouvert ? Faut-il y inclure les militants du Modem ? Beaucoup de questions sont encore en suspens et de socialistes à convaincre... Pour L'Humanité, en revanche, c'est plus simple. Il s'agit-là « d'un débat primaire » mais cette fois sans « s » ! Ce vote, pour L'Huma, aura pour conséquence « un appauvrissement du débat démocratique et à terme, une bipolarisation de la vie politique sur le modèle anglo-saxon ».
par Céline Missoffe
[25/08/2009]
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