par Claire Fages
Article publié le 27/08/2009 Dernière mise à jour le 27/08/2009 à 16:08 TU
Comment évolue l'emploi face à la crise économique dans les pays occidentaux ? De part et d'autre de l'Atlantique, les Etats publient tour à tour les chiffres du chômage pour le mois de juillet. Les chiffres officiels peuvent masquer la réalité de l'emploi, que ce soit aux Etats-Unis ou en France.

Des employeurs s'entretiennent avec le public à un salon de l'emploi à Los Angeles, le 19 mai 2009.
(Photo : AFP)
Aux Etats-Unis, le taux de chômage officiel a atteint 9,4% de la population active américaine le mois dernier, mais le taux réel serait de 16%, selon un responsable de la Banque fédérale américaine. Dennis Lockhart dirige l'antenne de la Fed à Atlanta, en Géorgie, un des Etats américains les plus touchés par la crise. Il estime qu'entre les chômeurs découragés qui ont cessé de chercher un emploi et ceux qui sont contraints à ne travailler qu'un petit nombre d'heures, deux catégories qui ne sont pas comptabilisées officiellement parmi les demandeurs d'emploi, le nombre de chômeurs réels aux Etats-Unis ne serait pas de quinze millions et demi, mais de plus de vingt-cinq millions. Pour les mois qui viennent, Dennis Lockart ne croit pas à une amélioration du marché du travail aux Etats-Unis. En l'absence de plan de relance supplémentaire, il envisage le scénario d'une reprise sans création d’emplois.
Fin de l’accalmie
Pendant ce temps, en France, on constate une légère recrudescence du chômage en juillet. Après une accalmie inattendue au mois de juin, puisque les inscriptions au chômage avaient diminué de 18 600 (-0,7%), les services publics de l'emploi ont enregistré le mois dernier 10 700 inscriptions supplémentaires, si l'on tient compte uniquement des chômeurs qui n'ont pas travaillé du tout.
Certes, c'est une petite augmentation par rapport aux très mauvais chiffres du début de l'année, on était alors entre 50 000 et 100 000 chômeurs supplémentaires par mois entre janvier et mars. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, n'a pas manqué de le souligner, tout comme l'amélioration du côté des jeunes, avec la deuxième baisse consécutive des inscriptions au chômage pour les moins de 25 ans.
Mais cet optimisme gouvernemental est à relativiser. Sur un an, le chômage des jeunes a augmenté de 32,7% et 650 000 d’entre eux vont encore entrer sur le marché du travail à l'automne. La plupart des plans sociaux annoncés ne sont pas encore effectifs, beaucoup de salariés attendent encore leur lettre de licenciement.
Enfin, nombreux sont les salariés licenciés à ne pas être comptabilisés comme chômeurs parce qu'ils entrent en formation ou en reclassement. Le gouvernement souhaite d'ailleurs développer ces dispositifs.
Mobilisation à la rentrée
Par ailleurs, plutôt que de licencier, les entreprises ont recours au chômage partiel et, là encore, le gouvernement a décidé d'élargir son utilisation à six mois par an pour tous les secteurs d'activité, l'arrêté sera publié en septembre.
En attendant, le ministère de l'Economie réunit vendredi plus de deux cents acteurs de l'emploi, des préfectures au pôle emploi, en passant par les entreprises privées de formation ou d'intérim, pour réaffirmer ses priorités : l'emploi des jeunes, l'apprentissage, le reclassement et la prolongation des exonérations de charges en contrepartie d’embauches dans les petites entreprises.
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