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Disparus

Macabre comptabilité dans les pays de l'ex-Yougoslavie

Article publié le 31/08/2009 Dernière mise à jour le 31/08/2009 à 03:06 TU

Ce dimanche, c'était la 26e journée internationale des disparus. L'occasion de revenir sur le problème des disparitions forcées dénoncé par les organisations de défense des droits de l'homme et les Nations Unies. L'ONU a souligné la forte augmentation des disparitions forcées en 2008. Le CICR, de son côté, appelle les pouvoirs politiques à faire la lumière sur le sort des diparus dans les conflits armés. Une demande relayée ce dimanche à Belgrade par des familles de Serbes disparus lors des guerres en ex-Yougoslavie. La Coordination des Associations serbes des familles de personnes disparues a appelé les autorités serbes, croates et bosniaques à coopérer pour que les familles sachent quel a été le sort de leurs proches.

Avec notre correspondant à Belgrade, Laurent Rouy

Juin 2008. Un expert de la Commission internationale pour les personnes disparues (ICMP) exhume les restes d'un corps dans un charnier près de Srebrenica.(Photo : AFP)

Juin 2008. Un expert de la Commission internationale pour les personnes disparues (ICMP) exhume les restes d'un corps dans un charnier près de Srebrenica.
(Photo : AFP)

Pour les huit pays qui constituaient l’ancienne Yougoslavie, plus de 16 000 personnes sont toujours portées disparues. Un chiffre énorme qui n’évolue presque plus depuis plusieurs années.

Il n’y a par exemple plus aucune exhumation en Croatie depuis deux ans alors que 500 emplacements probables de tombes sont connus des autorités.

De même au Kosovo, où 400 corps non identifiés attendent à la morgue de Pristina. Il n’y a eu que trois exhumations cette année : les autorités avancent le manque de moyens pour effectuer les recherches, un paravent qui masque mal la mauvaise volonté de devoir exhumer les victimes des exactions de son propre camp. Le cas des disparus serbes du Kosovo l’illustre très bien d’autant que le sujet est sensible depuis que Carla Del Ponte a évoqué un trafic d’organes organisé par la guérilla albanaise.

Exception notable, la Bosnie-Herzégovine où les recherches de corps continuent activement même si les moyens sont dérisoires. Ainsi un charnier de soixante Croates et Bosniaques a été découvert ces jours-ci.

A la fin des conflits, on comptait environ 30 000 disparus pour toute la région, un chiffre presque divisé par deux depuis même si très peu de survivants ont été retrouvés.