Article publié le 01/09/2009 Dernière mise à jour le 02/09/2009 à 04:55 TU
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, s'est entretenu, mardi, avec son homologue polonais, Donald Tusk, à Westerplatte près de Gdansk, en marge des cérémonies de commémoration du 70e anniversaire de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie et du début de la Seconde Guerre mondiale. Des cérémonies qui se sont déroulées sur fond de polémique, la Russie refusant de reconnaître la responsabilité du pacte germano-soviétique dans le déclenchement des hostilités. Les deux chefs de gouvernement ont convenu de la nécessité, pour les historiens de leur pays respectif, de travailler ensemble pour éclaircir le rôle de chacun dans cette période sombre de l'histoire européenne.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine accueilli aux cérémonies de commémoration par son homologue polonais, Donald Tusk à Westerplatte, le 1er septembre.
© Peter Andrews / Reuters
Avec notre envoyée spéciale à Gdansk, Amélie Poinssot
Entre la Pologne et la Russie, l’heure est désormais au réchauffement. C’est en tout cas ce qu’a voulu signifier le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, en s’adressant aux journalistes à l’issue de sa rencontre avec son homologue polonais, Donald Tusk. « Les relations polono-russes ont évolué au mieux depuis deux ans, a-t-il estimé. Elles se sont améliorées. Il est vrai que dans le passé, elles n’ont pas toujours été très bonnes, mais ce mauvais état des relations n’était pas de notre initiative ». Vladimir Poutine a aussi critiqué certaines visions de l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale. « Nous voyons différentes tentatives pour prétendre que la Seconde Guerre mondiale a été rendue possible, exclusivement grâce au pacte Molotov-Ribbentrop », a-t-il regretté.
Les archives de l'affaire Katyn
Lors de sa rencontre avec Donald Tusk, le Premier ministre russe a aussi évoqué un dossier particulièrement délicat, qui divise les deux pays. Il s’agit de l’affaire Katyn, l'assassinat, au cours de la Seconde guerre mondiale, de vingt-deux mille officiers polonais par le NKVD, la police secrète de l'Union soviétique. Les archives russes sont toujours inaccessibles. « Nous, nous sommes toujours prêts à agir sur le principe de la réciprocité. Si nos chercheurs ont accès aux archives polonaises, alors nous rendrons nos archives accessibles aux chercheurs polonais », a déclaré le Premier ministre russe. Une promesse que Donald Tusk a aussitôt pris au mot. Mais les paroles de Vladimir Poutine sont restées très vagues. A aucun moment, il n’a prononcé le mot Katyn.
| Aucune révélation majeure |
Avec notre correspondant à Moscou, Thierry Parisot Les secrets de la politique polonaise 1935-1945, le titre de l’ouvrage, promet beaucoup, mais son contenu n’apporte aucune révélation majeure, en tout cas si l’on se fie à la présentation faite par le général des services de renseignements, Lev Sotskov, qui a rassemblé les documents publiés ici. Cet historien haut gradé ne dévoile pas de secrets. A la lecture de toutes ces archives, il s’est simplement forgé la conviction que la Pologne aurait pu faire beaucoup plus pour créer un système de sécurité collective en Europe. Mais voilà, explique-t-il, les dirigeants polonais de l’époque craignaient beaucoup plus Staline que Hitler. Selon ces mêmes archives, les services secrets polonais ont beaucoup soutenu les révoltes à caractère ethnique sur le territoire de l’URSS pour affaiblir le pays. Ils auraient été très actifs, dans le Caucase notamment. Cette accusation sème le doute sur l’authenticité de tous ces documents, car au mot près, elle est reprise par la Russie d’aujourd’hui, à l’encontre des personnes étrangères en général, qui chercheraient à déstabiliser la Russie en soutenant les mouvements séparatistes du Caucase. C’est peut-être un des éléments de la politique polonaise d’avant-guerre, mais c’est sûrement une crainte constante du pouvoir russe : la peur de la dislocation et du démembrement. |
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