par RFI
Article publié le 01/09/2009 Dernière mise à jour le 01/09/2009 à 21:50 TU
Tintin au Congo renvoyé dans l'enfer d'une bibliothèque aux côtés de livres interdits comme : Mein Kampf d'Adolf Hitler, ou Tropique du Capricorne d'Henri Miller ? C'est la décision d'une bibliothèque municipale de Brooklyn, aux Etats-Unis. Et c'est ce qui pourrait se passer si un plaignant congolais vivant en Belgique, Bienvenu Mbutu Mondodo, obtient satisfaction. Ce comptable congolais s'apprête à déposer plainte en France pour dénoncer le caractère « raciste » de l'album, vendu à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires chaque année, et dont il souhaite qu'il soit retiré de la vente.
Tintin au Congo, album raciste et xénophobe. La controverse n'est pas nouvelle. Déjà dans les années 1960, le papa du petit reporter à la houppette blonde, avait dû reconnaître les relents colonialistes de cette aventure tout en la resituant dans le contexte de sa conception : le début des années 30 et la conquête belge de l'actuelle RDC (République démocratique du Congo).
Avec casque colonial et son attitude paternaliste, Tintin est persuadé du bien fondé de la mission autoproclamée civilisatrice de l'Occident. Ce qui nous apparaît totalement odieux aujourd'hui. L'émotion sans doute sincère du plaignant ne saurait dissiper les soupçons opportunistes entourant cette actuelle action en justice.
L'avocat français, Me Gilbert Collard, s'est spécialisé dans les procès médiatiques. Une adaptation cinématographique signée Steven Spielberg et Peter Jackson doit sortir en 2011.
La société Moulinsart qui gère les droits de l'œuvre d'Hergé invite les plaignants à faire preuve d'honnêteté intellectuelle, et leur demande de ne pas sortir des œuvres de leur contexte pour les jugers à l'aune du monde actuel. Sinon, d'autres albums de BD pourraient poser problème, comme : Tintin au pays de l'or noir ou même tel album d'Astérix représentant un pirate noir aux traits caricaturaux.
Bienvenu Mbutu Mondondo avait déjà déposé plainte en Belgique en 2007, en vertu de la loi belge de 1981 réprimant le racisme et avait exigé l'interdiction de l'ouvrage d'Hergé. Mais après deux ans, l'enquête confiée à un juge d'instruction bruxellois est au point mort.