par Claire Fages
Article publié le 02/09/2009 Dernière mise à jour le 02/09/2009 à 11:46 TU

Vue aérienne d’une raffinerie de pétrole à Dakhla dans le désert libyen.
(Photo : Patrick Herzog / AFP)
La Libye fête le quarantième anniversaire de l'accession au pouvoir de Mouammar Kadhafi. Pays qui s'intègre de plus en plus dans l'économie internationale depuis la fin de l'embargo international en 2003, la Libye peut se targuer d'être l'un des pays les plus riches d'Afrique, grâce à la manne pétrolière.
Avec un PIB de 10.200 dollars par habitant, contre 34.000 dollars en France et 800 dollars au Yémen la Jamahiryia libyenne continue de prospérer grâce à ses réserves pétrolières, les premières d'Afrique, devant le Nigeria et l'Algérie. Elles sont évaluées à 42 milliards de barils, soit plus de 60 ans d'exploitation au rythme actuel de 1, 8 million de barils par jour. Le pétrole et les produits parapétroliers rapportent 75% de ses recettes à l'Etat et on estime de 130 à 150 milliards de dollars les avoirs en devises de la Libye.
La Libye a bénéficié à plein de sa réintégration dans la communauté internationale, avec l'aide des compagnies pétrolières étrangères, une quarantaine d'opérateurs sur le sol libyen aujourd'hui. Et il reste à exploiter les 1500 m3 de réserves de gaz avérées. L'utilisation de cette manne est souvent mise en cause, pour l'opacité de sa gestion. Tripoli tente depuis quelques temps de répondre à ces critiques et de diversifier son économie.
On a entendu Mouammar Kadhafi s'exclamer « mais où va l'argent ? ». Il annonçait alors une révolution contre la corruption de l'administration et une redistribution des revenus du pétrole au peuple, des déclarations sans suite. Ce qui est sûr c'est que Tripoli tente de mieux gérer ses réserves. Plusieurs fonds souverains ont été créés depuis 2 ans, ils investissent dans d'autres secteurs de l'économie nationale mais aussi à l'étranger.
Des besoins immenses
Le gouvernement multiplie les projets d'infrastructures, très en retard, les constructions d'écoles ou de bâtiments administratifs se multiplient, les usines de traitement de l'eau aussi, la première pierre de l'autoroute littorale vient d'être posée, il reste beaucoup à faire notamment en matière d'électricité. Ce qui crée une demande en matériaux, car la Libye importe pratiquement tout, y compris le ciment, en main d'œuvre. Or, la main d'œuvre libyenne n'est pas assez formée, et c’est un autre chantier à mener. Malgré les besoins, 30% de la population active libyenne est au chômage, en premier lieu les jeunes.
La diversification de l'économie passe aussi par les investissements étrangers. S'ils sont encore majoritairement destinés au secteur pétrolier, ils vont également vers l'immobilier, les télécommunications et le secteur bancaire, en voie de privatisation totale. La banque centrale du pays qui possédait 90% du capital des établissements libyens n'en conserve plus que 40%. BNP-Paribas a fait on entrée dans le capital de la 2ème banque du pays.
Bien notée
Il est encore difficile d'évaluer l'impact de la crise économique mondiale sur l'économie libyenne, mais il semble que Tripoli s'en sorte plutôt bien. Tripoli avait encore assez peu d'engagements financiers à l'extérieur, ce qui réduit l'impact du ralentissement mondial. Et malgré la chute des revenus pétroliers, la Libye conserve un matelas de devises gigantesque. La Jamahyria devra peut-être réduire l'ampleur et le rythme de ses projets d'infrastructures, 75 milliards de dollars devaient y être affecté d'ici 2012.
Les investissements étrangers vont peut-être un peu ralentir mais Tripoli s'est déjà mise à renégocier en sa faveur les contrats pétroliers avec les compagnies étrangères. C’est chose faite avec Total par exemple. En dépit de ses handicaps l'économie libyenne a été pour la première fois notée A- par Standard and Poors, sur sa dette à long terme. L'agence de notation a souligné la situation financière solide du pays et des perspectives de croissance prometteuses.