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Australie / Indonésie

Affaire des « Cinq de Balibo » : Canberra ouvre une enquête

par  RFI

Article publié le 09/09/2009 Dernière mise à jour le 10/09/2009 à 13:09 TU

La police fédérale australienne a annoncé ce mercredi l'ouverture d'une enquête criminelle sur la mort tragique des « Cinq journalistes de Balibo ». L'ouverture de cette enquête intervient deux ans après qu'un médecin-légiste ait mis en évidence que les journalistes avaient été assassinés alors qu'ils tentaient de se rendre aux troupes d'invasion indonésiennes. L'affaire, connue sous le nom des « Cinq de Balibo », s'est déroulée à l'aube du 16 octobre 1975 quand les Britanniques Brian Peters et Malcolm Rennie, le Néo-Zélandais Gary Cunningham et les Australiens Greg Shackleton et Tony Stewart furent tués dans la petite ville frontalière de Balibo, au Timor-Est lors d'une attaque de l'armée indonésienne, deux mois avant d'envahir le Timor tout juste libéré de la tutelle portugaise.
Le président du Timor oriental Jose Ramos Horta (d), et l'acteur Oscar Isaac (g) incarnant son rôle dans le film "Balibo", qui relate l'affaire des "Cinq de Balibo".(Photo: AFP - Source : Footprint Films)

Le président du Timor oriental Jose Ramos Horta (d), et l'acteur Oscar Isaac (g) incarnant son rôle dans le film "Balibo", qui relate l'affaire des "Cinq de Balibo".
(Photo: AFP - Source : Footprint Films)

En octobre 1975, l'armée indonésienne s'empare du Timor oriental (que les Portugais viennent d'abandonner, ainsi que toutes leurs colonies, pour cause de révolution, un an plus tôt). La conquête indonésienne est brutale et sanglante, c'est dans ce contexte que les cinq reporters australiens se rendent à Balibo, une petite localité timoraise à la frontière avec le grand voisin indonésien, pour témoigner... Là, les versions diffèrent.

Selon les Indonésiens, les cinq hommes tombent sous le feu croisé des combattants mais, selon la version désormais soutenue par les enquêteurs australiens, les « cinq de Balibo » ont été sommairement abattus par l'armée indonésienne.

Le président timorais, Jose Ramos-Horta est encore plus précis. Il affirme qu'ils ont été tués par les forces spéciales indonésiennes, soucieuses de ne pas laisser de témoins de leurs exactions. Il déclare qu'au moins l'un d'entre eux a été brutalement torturé. Selon lui, lorsque les officiers ont réalisé la gravité des actes commis par leurs subordonnés, ils ont ordonné l'incinération des corps pour prévenir le risque d'une enquête compromettante.

Aujourd'hui comme hier, pour les Indonésiens, il n'est pas question de collaborer à l'enquête : « c'est une affaire classée ». En revanche, pour les familles des victimes (qui attendent cela depuis 34 ans), c'est l'espoir de voir enfin reconnaître le martyr de leurs proches. Une reconnaissance jusque-là sacrifiée sur l'autel des bonnes relations entre Canberra et Jakarta.

De 1975 à 1999, l'occupation indonésienne a causé la mort d'un tiers de la population est-timoraise, selon un rapport d'ONG indépendantes, et cette ancienne colonie portugaise n'a obtenu son indépendance qu'en 2002.