par Thierry Parisot
Article publié le 10/09/2009 Dernière mise à jour le 10/09/2009 à 17:52 TU

Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, dénonce le climat de violence qui règne en Tchétchénie, lors de sa visite à Moscou, le 10 septembre.
(Photo : Natalia Kolesnikova / AFP)
Avec notre correspondant à Moscou, Thierry Parisot
« La situation n'est ni calme, ni tranquille. » Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a le sens de la litote. Thomas Hammarberg revient de sa quatrième mission en quatre ans, en Tchétchénie et dans la région voisine d'Ingouchie. Selon lui, le climat s'est nettement détérioré.
En quelques mois, après plusieurs attentats suicide et trois meurtres de défenseurs des droits de l'homme, une atmosphère de peur s'est de nouveau abattue sur ces républiques du Caucase. « Mais le pire est à venir, dit-il. Si les crimes ne sont pas élucidés, plus aucune organisation non gouvernementale ne voudra travailler sur le terrain, plus personne ne sera sur place pour dire ce qui s'y passe réellement ».
Le Commissaire aux droits de l'homme dresse la liste des affaires non élucidées, depuis le meurtre de la journaliste Anna Politkovskaia jusqu'à l'assassinat de la militante de l'ONG Memorial, Natalia Estemirova. C'était en juillet dernier. « Ce crime ne doit pas rester impuni », prévient le représentant du Conseil de l'Europe. Il l'a dit à Moscou, et il l'a répété à Grozny devant le président tchétchène, qui n'a pas l'air très pressé de répondre à sa demande.
En effet, les dernières déclarations de Ramzan Kadyrov dans cette affaire ne font que décrire Natalia Estemirova comme une femme « sans honneur, sans mérite et sans conscience ». Son plus proche conseiller, lui, parle toujours des militants des droits de l'homme « comme d'ennemis potentiels ».
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