Article publié le 10/09/2009 Dernière mise à jour le 11/09/2009 à 08:07 TU

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, renonce à former un gouvernement d'union nationale.
(Photo : Dalati Nohra / Reuters)
Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh
Après soixante-treize jours de tractations et de négociations avec l’opposition, le Premier ministre désigné a jeté l’éponge. Saad Hariri a annoncé, à l’issue d’une rencontre avec le président de la République, Michel Sleimane, qu’il renonçait à former un gouvernement d’union nationale. Il a imputé l’échec de ses efforts aux conditions et aux obstacles posés par l’opposition, qui avait rejeté la veille, une formule de gouvernement de coalition, qu’il a proposée au chef de l’Etat.
L’opposition, composée du parti du général chrétien, Michel Aoun et des formations chiites, Amal et le Hezbollah, reproche à Saad Hariri de lui avoir imposé ses portefeuilles et ses ministres, sans concertation préalable.
Au-delà de ces « querelles de clochers », l’échec de la formation d’un gouvernement d’union nationale reflète la tension entre l’Arabie Saoudite, qui appuie la famille Hariri et la Syrie, qui soutient l’opposition. Certains experts y voient aussi le prolongement du bras de fer entre l’Iran et les Etats-Unis par alliés interposés.
« Derrière tous ces enjeux nationaux, il y a quelque chose de régional qui se joue : le climat apaisé entre l’Arabie Saoudite et la Syrie s’est très sérieusement détérioré. »
L'échec de la formation d’un cabinet d’union fait craindre une nouvelle crise politique de longue durée et rappelle la vacance de sept mois à la tête de l’Etat, entre novembre 2007 et mai 2008. Cette période s’est caractérisée par une paralysie institutionnelle, des assassinats et des affrontements armés entre des partisans des deux bords.
« C’est le test ultime de sa capacité à être le débloqueur du jeu politique, tout en restant dans le cadre du consensus. La voie est très étroite. »
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