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Liban

Gouvernement d'union nationale : Hariri jette l'éponge

Article publié le 10/09/2009 Dernière mise à jour le 11/09/2009 à 08:07 TU

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, renonce à former un gouvernement d'union nationale.(Photo : Dalati Nohra / Reuters)

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, renonce à former un gouvernement d'union nationale.
(Photo : Dalati Nohra / Reuters)

Saad Hariri a annoncé ce jeudi qu'il renonçait à former un gouvernement d'union nationale, au bout de soixante-treize jours de discussions. Le Premier ministre tire un constat d'échec des négociations menées avec le camp du Hezbollah. Bien que les deux parties soient d'accord sur la répartition des portefeuilles - quinze ministres pour la majorité, dix pour la minorité et cinq ministres « neutres » choisis par le président de la République- , leurs consultations bloquent sur les noms de certains ministres et la nature des portefeuilles.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Après soixante-treize jours de tractations et de négociations avec l’opposition, le Premier ministre désigné a jeté l’éponge. Saad Hariri a annoncé, à l’issue d’une rencontre avec le président de la République, Michel Sleimane, qu’il renonçait à former un gouvernement d’union nationale. Il a imputé l’échec de ses efforts aux conditions et aux obstacles posés par l’opposition, qui avait rejeté la veille, une formule de gouvernement de coalition, qu’il a proposée au chef de l’Etat.

L’opposition, composée du parti du général chrétien, Michel Aoun et des formations chiites, Amal et le Hezbollah, reproche à Saad Hariri de lui avoir imposé ses portefeuilles et ses ministres, sans concertation préalable.

Au-delà de ces « querelles de clochers », l’échec de la formation d’un gouvernement d’union nationale reflète la tension entre l’Arabie Saoudite, qui appuie la famille Hariri et la Syrie, qui soutient l’opposition. Certains experts y voient aussi le prolongement du bras de fer entre l’Iran et les Etats-Unis par alliés interposés.

 

Les raisons de l'échec de Hariri

« Derrière tous ces enjeux nationaux, il y a quelque chose de régional qui se joue : le climat apaisé entre l’Arabie Saoudite et la Syrie s’est très sérieusement détérioré. »

10/09/2009 par Franck Weil-Rabaud


L'échec de la formation d’un cabinet d’union fait craindre une nouvelle crise politique de longue durée et rappelle la vacance de sept mois à la tête de l’Etat, entre novembre 2007 et mai 2008. Cette période s’est caractérisée par une paralysie institutionnelle, des assassinats et des affrontements armés entre des partisans des deux bords.

La position délicate du président Sleimane

« C’est le test ultime de sa capacité à être le débloqueur du jeu politique, tout en restant dans le cadre du consensus. La voie est très étroite. »

10/09/2009 par Frank Weil-Rabaud