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Liban / Israël

Des tirs venant du Sud-Liban violent la trêve avec Israël

par  RFI

Article publié le 11/09/2009 Dernière mise à jour le 11/09/2009 à 22:01 TU

La Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) ouvre une enquête sur les incidents qui se sont produits à la frontière israélo-libanaise ce vendredi. Des roquettes ont été tirées vendredi du sud du Liban sur le nord d'Israël, suscitant une riposte immédiate de l'Etat hébreu qui a bombardé un village libanais. Deux roquettes ont été tirées sur le nord d'Israël à partir d’un village situé à 15 kilomètres de la frontière avec l'Etat hébreu. Ces tirs n'ont pas été revendiqués. En Israël, l'armée a fait état de la chute en territoire israélien de plusieurs roquettes tirées à partir du Liban, et confirmé y avoir riposté.

Des soldats italiens de la Finul inspectent le site où les roquettes ont été lancées, au Sud-Liban, le 11 septembre 2009.(Photo : Reuters)

Des soldats italiens de la Finul inspectent le site où les roquettes ont été lancées, au Sud-Liban, le 11 septembre 2009.
(Photo : Reuters)

Avec notre correspondant à Beyrouth,Paul Khalifeh

L’armée libanaise et les casques bleus ont dépêché des troupes et établi un cordon de sécurité autour de l’endroit d'où sont parties les roquettes, mais aucun suspect n’a été arrêté.

Les projectiles étaient reliés à un système d’horlogerie qui a permis à ceux qui les ont posés de s’éloigner bien avant la mise à feu. Seules une rampe de lancement artisanale en bois et une batterie ont été retrouvées.

Les militaires ont également inspecté les impacts provoqués par la dizaine d’obus de gros calibres tirés par l’armée israélienne en représaille aux tirs de roquettes.

Comme les trois autres attaques similaires enregistrées cette année, ce dernier tir de Katioucha n’a pas été revendiqué. Mais l’armée libanaise appréhende de temps à autre des Palestiniens, des Libanais et des ressortissants arabes gravitant dans l’orbite d’al-Qaïda et planifiant des attaques contre Israël et la Finul.

Début août, un groupe dirigé par un intégriste syrien a été démantelé et plusieurs de ses membres arrêtés. Les officiels libanais tenus pour responsables par Israël des tirs de roquettes ont condamné l’incident.

Le Premier ministre sortant a réaffirmé l’attachement du Liban à la résolution 1701 du Conseil de sécurité qui a mis un terme à la guerre de l’été 2006.

« Les tirs de roquettes et la riposte israélienne sont inacceptables », a dit Fouad Siniora. La télévision du Hezbollah, al-Manar, a quant à elle a qualifié les tirs de roquettes de « suspects ».

Un incident isolé

Avec notre correspondant à Jérusalem, Christian Brunel

Apparemment les dirigeants israéliens veulent éviter une escalade militaire. Ehud Barak, le ministre de la Défense, a certes tenu le gouvernement libanais pour responsable des tirs de roquettes, mais il n’a pas été plus loin dans les menaces de représailles.

Selon les experts militaires cités par les médias, il s’agit d’« un incident isolé qui n’aura pas été provoqué par le Hezbollah mais par une petite organisation islamiste ».

Bref, les responsables israéliens ont tendance à minimiser les risques d’affrontement, comme ceux qui avaient éclaté avec le Hezbollah lors de la guerre au Liban de l’été 2006. Par précaution tout de même, les militaires ont été placés en état d’alerte à la frontière nord.

Hasard du calendrier, l’armée israélienne a procédé cette semaine à d’importantes manœuvres dans ce secteur, avec comme objectif, d’être prêt si un conflit éclatait de nouveau avec le Hezbollah, dans le cas où par exemple Israël attaquerait les installations nucléaires de l’Iran qui soutient le Hezbollah.