Article publié le 16/09/2009 Dernière mise à jour le 16/09/2009 à 21:10 TU

Saad Hariri, Premier ministre libanais, est à nouveau chargé de former un gouvernement.
(Photo : Nohria Dalati / Reuters)
Le président libanais Michel Sleimane a de nouveau demandé au chef de la majorité parlementaire antisyrienne Saad Hariri de former un gouvernement. Le fils de l'ancien Premier ministre assassiné Rafik Hariri avait déjà essayé il y a près d'une semaine de former un gouvernement d'union nationale, mais il avait abandonné cette mission, faute d'accord. Les discussions avec l'opposition menée par le Hezbollah achoppent toujours sur la désignation des ministres du gouvernement d'union nationale.
Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh
Lors de sa première désignation, en juin dernier, Saad Hariri avait bénéficié du soutien d’une partie de l’opposition. Cette fois-ci, les cinquante-cinq députés de l’opposition ne l’ont pas désigné pour former le gouvernement. Il revient uniquement grâce aux voix de son propre camp ; ce qui l’affaiblit politiquement.
Toujours en juin, Saad Hariri s’était engagé à former un gouvernement d’union nationale. Dans sa déclaration, ce mercredi, après sa nomination par Michel Sleimane le chef de l’Etat, il n’a mentionné à aucun moment les mots : union nationale. Il a au contraire affirmé que le gouvernement reflètera les résultats des élections législatives, laissant entendre que le cabinet sera exclusivement composé de ministres issus de la majorité.
Mais cela est plus facile à dire qu’à faire, car le président de la République a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne signera le décret que si le gouvernement répond aux exigences du pacte national. Or, ce pacte stipule que toutes les communautés doivent être représentées à tous les échelons du pouvoir. Si l’opposition est exclue, cela signifie que les chiites seront marginalisés.
On le voit bien, la tâche de Saad Hariri sera difficile. S’il veut intégrer l’opposition à son gouvernement, il devra céder à ses exigences. Si au contraire, il essaie de former un gouvernement de la majorité, il risque de plonger le pays dans une grave crise aux conséquences incalculables.
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