par RFI (avec AFP)
Article publié le 17/09/2009 Dernière mise à jour le 18/09/2009 à 03:37 TU
Une attaque-suicide a provoqué la mort d'au moins seize personnes, dont dix civils et six militaires italiens lors du passage d’un convoi de l’Otan au centre de Kaboul. Cet attentat a été revendiqué par les talibans. L’Italie déploie 3 250 militaires en Afghanistan, dont 500 spécialement envoyés pour les élections du 20 août.

Un passant choqué devant le corps d’un soldat de l’Otan, quelques minutes après l’attentat-suicide à la bombe, à Kaboul le 17 septembre 2009.
(Photo : Reuters)
Au moins seize personnes, dont six soldats italiens ont été tués dans un attentat-suicide à Kaboul lors d’un passage d’un convoi de l’Otan qui circulait entre le quartier diplomatique et l’aéroport de Kaboul. Cet attentat, revendiqué par les talibans, s’est déroulé en milieu de matinée. Un kamikaze a précipité sa voiture chargée d'explosifs contre un véhicule blindé léger italien. L’explosion, très violente, a secoué tout Kaboul. Plusieurs voitures blindées ont été détruites par la déflagration.
L'attaque a été rapidement confirmée par le ministère italien de la Défense et par la police afghane. « Je dois malheureusement confirmer la perte de six vies humaines du régiment des parachutistes », a déclaré devant les sénateurs italiens à Rome, Ignazio La Russa, le ministre italien de la Défense. Silvio Berlusconi, le président du Conseil italien, a envoyé un message de condoléances aux familles des disparus. La Chambre des députés italiens, de même que le Parlement européen, ont observé une minute de silence en hommage aux soldats tués. L’Italie déploie 3 250 militaires en Afghanistan ; cinq cents ont été spécialement envoyés à l’occasion des élections du mois d'août.
Attaques-suicide : un scénario à répétition
Depuis le mois d’août, les talibans multiplient les attentats-suicide, au cœur même de Kaboul, et ce, en dépit de la présence très nombreuse des forces internationales. Le dernier, commis le 8 septembre, a provoqué la mort de trois civils. Le scénario de cet attentat est à l’identique. Un kamikaze a fait exploser sa voiture piégée devant l’entrée principale de la base aérienne militaire de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan, près de Kaboul. Les talibans avaient promis de perturber l'élection présidentielle du 20 août. En dépit des menaces contre la population se rendant aux urnes, les élections, quoique entachées d’irrégularités, se sont déroulées dans une relative accalmie.
Quelques minutes avant cet attentat, Hamid Karzaï terminait sa conférence de presse dans le palais présidentiel. L’éventualité d’un second tour pour les élections présidentielles, remportées selon les derniers résultats partiels par Hamid Karzaï, est très fortement envisagée.
| Attentat-suicide au coeur de la capitale |
Avec notre correspondant à Kaboul, Nicolas Bertrand Des scènes cauchemardesques en plein centre de Kaboul. Sur plus de 300 mètres, le sol est complètement brûlé, il y a partout des débris calcinés, des carcasses de voitures et même les arbres ont été arrachés dans l’explosion… Au milieu du carnage deux véhicules blindés italiens dont il ne reste rien. Ils étaient sans aucun doute la cible du kamikaze qui a fait exploser son véhicule à leur passage. L’état des blindés explique les lourdes pertes que connaît l’armée italienne : six soldats tués et trois blessés. C’est probablement le plus lourd bilan pour la coalition internationale dans un attentat depuis 2001. Mais ce sont les civils, comme souvent, qui paient le prix le plus lourd. Sur toute la zone, les maisons sont détruites, certaines se sont effondrées. Vingt et une boutiques installées là ne sont plus qu’un amas de ruine. Les vitres ont volé en éclat jusqu’à 500 mètres à la ronde. Le lieu de l’attaque n’a pas été choisi au hasard. Nous sommes ici sur la route qui relie l’aéroport à l’ambassade américaine et au quartier général de l’Otan. Une zone très sensible, une cible de choix pour les talibans qui ont immédiatement revendiqué l’attaque. Plusieurs heures après l’attentat, des hélicoptères américains survolent toujours la ville. L’éventualité d’une deuxième attaque n’était pas exclue. |
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