Article publié le 28/09/2009 Dernière mise à jour le 28/09/2009 à 11:52 TU
Alberto Fujimori, l’ex-président péruvien, est de nouveau jugé pour corruption de parlementaires et écoutes illégales. Agé de 71 ans, Fujimori est déjà condamné à trois peines de prison lors de procès distincts : 7 ans et demi pour corruption , 6 ans pour perquisition illégale et 25 ans pour violation des droits de l’Homme durant sa présidence. Il lui était reproché des massacres de civils dans le cadre de la répression contre la guérilla du Sentier lumineux. Il encourt aujourd'hui une nouvelle peine de 8 ans d'emprisonnement mais qui ne changera rien à son régime pénitencier.
Avec notre correspondante à Lima, Christelle Barbier
Ce nouveau procès à l’encontre d’Alberto Fujimori est un méga procès ayant pour but de faciliter le rôle du tribunal. Il regroupe trois dossiers dans lesquels l’ancien président péruvien est notamment accusé d’avoir détourné des fonds de quatorze Etats à la fin des années 1990, pour acheter la ligne éditoriale de plusieurs médias, afin que ceux-ci favorisent sa réélection à la tête du pays. Alberto Fujimori est aussi accusé d’avoir corrompu des congressistes de l’opposition et serait enfin responsable, d’avoir mis en placetout au long de son régime, un système d’écoute téléphonique.
Pour Inès Arias, la coordinatrice du groupe péruvien de travail contre la corruption, ce procès est donc très important « Ce qui va être montré dans ce procès, c’est comment sous l’ordre des personnes à la tête du pouvoir politique, les médias ont été capturés, tout comme le congrès qui est un autre pouvoir de l’Etat, et comment les libertés des membres de l’opposition ont été limitées, qu’il s’agisse de journalistes, de politiques ou tout autre représentant de l’opposition qui pouvait exister face à ce régime ».
S'il est reconnu coupable, Alberto Fujimori, déjà incarcéré à Lima depuis 2007, pourrait être condamné à huit ans de prison. Une peine qui ne pourrait pas changer son régime pénitencier. En avril, l’ancien président a été condamné à vingt-cinq ans de prison pour violation des droits de l’Homme. Et au Pérou, les peines ne sont pas cumulables.
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