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Pérou

Une 4e condamnation clôt le jugement de la présidence Fujimori

Article publié le 01/10/2009 Dernière mise à jour le 01/10/2009 à 04:07 TU

L'ancien président du Pérou, Alberto Fujimori, après l'annonce de sa condamnation par la Cour de justice, à Lima, le 30 septembre.(Photo : Reuters)

L'ancien président du Pérou, Alberto Fujimori, après l'annonce de sa condamnation par la Cour de justice, à Lima, le 30 septembre.
(Photo : Reuters)

Le Pérou règle ses comptes avec Alberto Fujimori, l'ancien président qui a dirigé le Pérou d’une main de fer entre 1990 et 2000. Après avoir été condamné à 25 ans de prison pour violation des droits de l’homme en avril, il a été reconnu coupable de corruption et de détournement de fonds, mercredi à Lima, et condamné à une nouvelle peine de six ans d'incarcération. Un jugement qui met fin à deux ans de procès sur une présidence aux dérives autocratiques qui a divisé les Péruviens.

Avec notre correspondante à Lima, Chrystelle Barbier

Cette condamnation n’est pas une surprise. Lundi à l’ouverture du procès, Fujimori avait reconnu les faits dont on l’accuse mais aussi sa responsabilité. Pour les détracteurs de l’ex-chef de l’Etat, cette attitude n’avait cependant rien de sincère. En se déclarant coupable, Alberto Fujimori se soumettait à un procès éclair et évitait une longue procédure qui aurait rappelé aux Péruviens ce que fut vraiment son régime pendant dix ans.

Mercredi, le tribunal l’a en tout cas jugé responsable de corruption de fonctionnaire, de détournement de fonds de l’Etat pour acheter la ligne éditoriale de médias en sa faveur et d’être à l’origine d’un système d’écoute téléphonique à l’encontre de membres de l’opposition. Pour ces délits, l’ancien président a été condamné à six ans de prison. Une peine qui ne change pas son régime pénitencier puisqu’en avril il avait déjà été condamné à vingt-cinq ans d’incarcération pour violation des droits de l’homme et qu’au Pérou les peines ne s’ajoutent pas.

Ce procès, le quatrième, met cependant fin au processus judiciaire qu’affronte Alberto Fujimori depuis son extradition du Chili en 2007. Un processus que Carlos Raffo, un congressiste du parti « fujimoriste » a qualifié à plusieurs reprises de « cirque politique ». Carlos Raffo affirme que la balle est désormais dans le camp des « fujimoristes » : « A un procès et un verdict politiques, une réponse politique. Ce que les juges ont condamné ici, le peuple l’absoudra en dehors des tribunaux ».

Carlos Raffo fait ainsi allusion à la candidature de la fille d’Alberto Fujimori, Keiko. Keiko qui, selon les sondages d’opinion, arriverait en deuxième place des intentions de vote pour la présidentielle de 2011.