Article publié le 01/10/2009 Dernière mise à jour le 01/10/2009 à 11:36 TU

Manuel Zelaya, le président déchu du Honduras (L) salue John Biehl, le représentant spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Etats américains, Jose Miguel Insulza, à l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa, le 30 septembre 2009.
(Photo : Reuters)
Avec notre envoyé spécial à Tegucigalpa, Sylvain Biville
L’atmosphère a indéniablement changé ces dernières heures au Honduras. Il y a quelques jours encore, Roberto Micheletti et Manuel Zelaya rivalisaient de déclarations incantatoires. Ils se font désormais plus discrets. Signe de détente, le couvre-feu nocturne a été levé mercredi soir, pour la première fois depuis huit jours.
Les initiatives se multiplient pour tenter de rapprocher les points de vue. La plus avancée est celle de l’Eglise catholique. « Les deux présidents communiquent à travers moi, nous a confié Juan Jose Pineda, l’évêque auxiliaire de Tegucigalpa. Il y a entre nous trois un pacte de confidentialité et je ne peux pas, pour l’instant, révéler le contenu de nos discussions. Je ne vois pas dans l’immédiat une rencontre personnelle, mais il y a des passerelles et je pense que les deux parties sont prêtes à s’asseoir autour d’une table ».
En coulisse, les médiateurs s’activent. Mais dans la rue, la répression ne connaît pas de répit. Une cinquantaine de paysans pro-Zelaya qui campaient depuis trois mois à l’Institut national d’agriculture ont été délogés par l’armée, mercredi matin.
Les forces de l’ordre ont également dispersé sans ménagement une manifestation devant le siège de Radio Globo, la station anti-coup d’Etat dont les ondes sont coupées depuis lundi. « Nous manifestions pacifiquement quand les militaires nous ont encerclé et nous ont jeté des gaz lacrymogènes, explique Supaya, une mère de famille au chômage. Il y des gens qui ont internet pour s’informer, mais nous, les pauvres, depuis que Radio Globo est fermée, on ne sait plus du tout ce qui se passe».
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