par RFI
Article publié le 05/10/2009 Dernière mise à jour le 05/10/2009 à 13:31 TU

Une personne vote le 3 octobre 2009 à Toulouse, dans le cadre de la « votation citoyenne » sur l'avenir de La Poste.
(Photo : Remy Gabalda/AFP)
C'est surtout vrai pour les organisateurs de la «votation citoyenne». Après le succès de leur initiative, ils réclament désormais un vrai «référendum» d'initiative populaire comme le prévoit la réforme constitutionnelle de juillet 2008.
Autrement dit, ils lancent un défi au président de la République et plongent dans l'embarras et l'Elysée et Matignon. D'ailleurs, il suffit de prendre connaissance des réactions de la majorité, ce matin, pour le comprendre. Elles sont violentes. Frédéric Lefèvre, le porte-parole de l'UMP a parlé de «vaste manipulation». Et Christian Estrosi, le ministre de l'Industrie, a évoqué les «grandes heures de l'Union soviétique».
La Poste, un dossier compliqué à gérer...
A quelques mois des élections régionales, cela va compliquer la tâche de l'exécutif. Majoritairement, les sondages donnent les Français hostiles à la privatisation et cela au delà des limites partisanes. Et même si le gouvernement affirme qu'il ne veut pas privatiser, il y a les précédents qui ne plaident pas en faveur de cette thèse. France Télécom, EDF, GDF, autant d'exemples brandis par l'opposition fortement mobilisée aux côtés des syndicats.
Cependant, si l'opposition veut se refaire une santé en étant à la pointe du combat pour la défense des services publics et en réclamant un vrai référendum, il ne sera pas facile à organiser. Il n'y a pas eu de texte d'application depuis la réforme constitutionnelle de 2008. Le PS a bien promis d'accélérer le mouvement. Mais dans le cas d'une loi sur la poste adoptée cet automne, cela reporterait au minimum à la fin 2010 une éventuelle consultation référendaire des Français. Il faudrait alors faire le chemin à l'envers...