par Myriam Berber
Article publié le 09/10/2009 Dernière mise à jour le 09/10/2009 à 16:29 TU

Les sondages récents montrent que 20% de la population active française juge son activité professionnelle « très stressante ».
(Photo : sxc.hu)
Le ministre du Travail, Xavier Darcos, impose aux 2 500 entreprises de plus de 1 000 salariés de lancer les négociations sur la prévention du stress au travail d’ici le 1er février 2010. Dans les petites et moyennes entreprises (PME) et les très petites entreprises (TPE), le ministre demande la mise en place d’actions concrètes de prévention, comme par exemple des formations pour les cadres dirigeants. Les directions départementales du Travail devront également surveiller de très près les entreprises qui licencient ou restructurent.
Un premier bilan de toutes ces actions sera établi lors de la prochaine réunion du Conseil d’orientation des conditions du travail (COCT) où siègent les partenaires sociaux. Plusieurs syndicats demeurent sceptiques. C’est le cas notamment du médecin du travail Bernard Salengro, spécialiste du stress à la CFE-CGC, le syndicat des cadres, pour qui ce plan n’est pas à la hauteur du problème : « Tout existe déjà dans l’accord national signé en octobre 2008 par les partenaires sociaux. Xavier Darcos aurait dû donner plus de moyens aux inspecteurs et médecins du travail pour faire appliquer la loi. Il a ainsi renoncé à brandir la menace des procès verbaux et des sanctions financières pour les employeurs ne jouant pas le jeu. Selon moi, il n’y aura donc pas de changements ».
24 suicides en 18 mois
Le travail rend de plus en plus malade en France. Les maladies psychosociales liées au travail (harcèlement moral, anxiété, dépression, suicide) sont désormais passées au premier rang des maladies professionnelles pour lesquelles des personnes ont consulté en 2007. Selon des sondages récents, un actif sur cinq (20%) juge que son activité professionnelle est « très stressante », notant entre 8 et 10 son niveau de stress (sur une échelle de 10), et 24% estiment pour leur part que leur travail leur procure un stress important qu'ils notent de 6 à 7.
Le stress au travail est un sujet brûlant après la série de suicides chez France Télécom, 24 en 18 mois qui a entraîné le limogeage du numéro deux du groupe. Mais France Télécom n’est pas un cas isolé. Peugeot (PSA), EDF, Areva, IBM, La Poste ou encore les banques HSBC ou BNP Paribas, de nombreuses entreprises françaises ont été confrontées ces dernières années au suicide d’un ou plusieurs salariés sur leur lieu de travail.
Des responsables de RH de proximité
A plusieurs reprises, le Technocentre du constructeur automobile Renault à Guyancourt, dans les Yvelines, a été évoqué suite à des suicides d'employés. Trois salariés ont mis fin à leurs jours entre 2006 et 2007. Un nouveau cas vient d'être signalé. Un ingénieur de 51 ans, cadre chez le constructeur automobile depuis vingt ans et qui travaillait depuis six ans au Technocentre s’est suicidé mercredi soir à son domicile.
Ce nouveau drame a suscité une certaine incompréhension au sein du groupe automobile. D’autant que la direction de Renault a mis en place, depuis 2007, un plan d’amélioration des conditions de travail avec la création de responsables de ressources humaines de proximité et de cellules d’écoute psychologique. Ce plan de Renault devait servir de modèle à France Télécom qui a entamé des négociations sur le stress.
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