par RFI
Article publié le 13/10/2009 Dernière mise à jour le 13/10/2009 à 10:55 TU

Jacques Chirac (G) et Thomas Boni Yayi, le président béninois signent l'appel contre les faux médicaments, à Cotonou, le 12 octobre 2009.
(Photo : AFP)
Cotonou, lundi, avait de quoi pavoiser. Après la victoire de ses footballeurs contre le Ghana dimanche, la capitale du Bénin accueillait sept chefs d’Etat africains en exercice venus signer l’appel contre les faux médicaments, lancé par Jacques Chirac, lequel n’avait pas de mots assez durs pour fustiger ce très rentable trafic : « De toutes les inégalités, la plus blessante, c’est l’inégalité devant la santé. L’économie criminelle des faux médicaments me révolte, comme vous, et le mot révolte est faible (...) Qu’on ne me dise pas qu’il ne s’agit pas là en réalité d’un crime ! ».
Un médicament sur quatre utilisé dans les pays en développement est faux, a déploré Jacques Chirac, qui en appelle à l’organisation d’une conférence mondiale l’an prochain à Genève pour préparer une convention internationale contre ce que les Africains appellent « les médicaments des rues ».
« Je ne suis pas sûr que le mot contrefaçon soit le mot qui désigne réellement une organisation internationale d’homicides volontaires en bandes organisées ».
Bien sûr, l’hôte de ce sommet se devait de rendre hommage à l’ancien chef de l’Etat français, que l’on n’avait plus vu en Afrique depuis la fin de son mandat en avril 2007. Le président béninois, Boni Yayi : « Monsieur le président Jacques Chirac, vous êtes incontestablement un des grands hommes d’Etat dans le monde ayant pris fait et cause pour le continent africain. Cette initiative louable apporte une nouvelle fois la preuve que vous êtes réellement un ami de l’Afrique ».
Dans les rues de Cotonou lundi soir, la vie reprenait son cours habituel et les vendeurs de médicaments leurs affaires.
Au Bénin, environ 85% de ses habitants dépendent de faux médicaments qu'ils achètent à plus de 10 000 marchands de rue ou sur les marchés, a souligné Laurent Assolgbathe, directeur national de la protection sanitaire du Bénin.
Au Mali également, des milliers de pseudo pharmacies, d'étals et de marchands de rue vendent des médicaments contrefaits à bas prix.
« Au Mali, à Bamako, la gare routière internationale de Sogoniko est l’un temples des médicaments périmés, des médicaments contrefaits. Des bus, au départ et à l’arrivée sont au centre du trafic, un trafic qui, pourtant tue ».
| A voir sur France 24 Le cri d'alarme de Chirac contre les faux médicaments |
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