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Bosnie / Union européenne

La communauté internationale au chevet de la Bosnie

par Patrick Adam

Article publié le 19/10/2009 Dernière mise à jour le 20/10/2009 à 11:31 TU

Une nouvelle réunion se tient, ce mardi 20 octobre, entre les représentants bosniaques et ceux de la communauté internationale. Ce sera la deuxième depuis le début du mois. Pour les Européens et les  Américains, il s’agit de faire pression pour que les leaders des différentes communautés acceptent les réformes nécessaires au rapprochement avec l’Europe.

Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt (c) et le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn (g), à l'issue de la première réunion entre les représentants bosniaques et ceux de la communauté internationale, à Sarajevo, le 9 octobre 2009.(Photo : Reuters)

Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt (c) et le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn (g), à l'issue de la première réunion entre les représentants bosniaques et ceux de la communauté internationale, à Sarajevo, le 9 octobre 2009.
(Photo : Reuters)

 
La Bosnie est comme un point noir sur la carte des Balkans. Cette grenade politique inquiète les responsables occidentaux qui, depuis la fin de la guerre, ont placé le pays sous tutelle. L’Etat a été créé aux forceps par les accords de Dayton en 1995. Depuis, il a bien du mal à ne pas imploser.

Depuis la fin de la guerre intercommunautaire (1992-1995), la Bosnie rassemble une entité serbe (la Republika Srpska, RS) et la Fédération croato-musulmane. Les communautés se déchirent et le pays piétine. Chaque décision importante doit être validée par les représentants de chacune des communautés, et les institutions centrales sont trop faibles pour s’imposer à tous. Dès lors, les Serbes jouent l’obstruction afin de préserver leur autonomie face aux musulmans, favorables à un gouvernement central renforcé.

Un haut représentant comme chef d’orchestre

Le maître du jeu, c’est le haut représentant. Installé par Dayton, il jouit de pouvoirs étendus, jusqu’à imposer des lois et révoquer des élus. Il est prévu de le remplacer par un simple représentant de l’UE aux pouvoirs rognés, mais cela suppose que la situation évolue en interne.

Car de fait, la bonne marche du pays bute sur le veto opposé par une communauté, en général les Serbes. Les musulmans et les Croates sont favorables au projet défendu par la communauté internationale d’une diminution des pouvoirs dévolus aux entités, tandis que les Serbes s’opposent à tout changement du statu quo, synonyme pour eux d’une remise en question de leurs intérêts vitaux.

Un bras de fer permanent

Ainsi le cas de la compagnie Elektroprenos, créée en 2006 pour réunifier les réseaux de distribution d’électricité. La Republika Srpska détient 41% du capital, le reste est entre les mains de la Fédération. Depuis un an, la République serbe veut se retirer et boycotte le Conseil d’administration pour protester contre la décision du haut représentant qui souligne « qu’une entité ne peut pas se retirer unilatéralement d’une réforme mise en place ». Le haut représentant a amendé la loi, permettant ainsi de contourner le boycott. Les Serbes dénoncent un « abus de pouvoir », tandis que les Occidentaux les accusent de « défier » leur pouvoir.

L’objectif de la réunion de Sarajevo est donc de parvenir à un compromis afin de sortir de l’impasse politique, mais l’optimisme n’est pas de mise. L’idée est de permettre de faire passer les réformes en modifiant les critères de blocage dans la Constitution. Or, les Serbes préviennent que si la Constitution est modifiée, ils exigeront que la possibilité d’organiser un référendum d’autodétermination y soit ajoutée. De quoi faire voler en éclats un Etat que les leaders serbes estiment ne pas « être viable ».

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